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05/07/2014 05:00 EDT | Actualisé 03/09/2014 05:12 EDT

Lac-Mégantic: le 1er anniversaire se déroule sous le signe de la bonne humeur

LAC-MÉGANTIC, Qc - La présidente du comité de commémoration de Lac-Mégantic avait parlé d'une journée «intergénérationnelle» en donnant le coup d'envoi aux activités du premier anniversaire de la tragédie ferroviaire. On en a eu la preuve, car petits et grands ont semblé y trouver leur compte.

En début d'après-midi, samedi, les enfants s'en sont donné à coeur joie lors de la première activité de la journée, plongeant vigoureusement leurs petites mains dans des seaux remplis de poissons pour ensuite les lâcher dans le plan d'eau.

La mairesse de la municipalité, Colette Roy Laroche, a invité les personnes présentes — plusieurs dizaines de gens se trouvaient sur la plage sur le coup de midi — à voir en cette activité d'ensemencement des quelque 5000 poissons une façon de souligner la vie et le renouveau.

«Un an s'est déjà écoulé depuis cette terrible tragédie que nous avons vécue. Pour nous tous, la vie a changé; elle ne sera plus la même», a laissé tomber la première magistrate de Lac-Mégantic, qui continue à exercer ses fonctions même si son mari est aux prises avec de graves problèmes de santé.

«Notre petite ville paisible a été littéralement meurtrie en plein centre (...) Mais la vie ne s'est pas arrêtée; elle a repris sa place, petit à petit», a-t-elle poursuivi.

La présence des jeunes était capitale aux yeux de Valérie Couture, coordonnatrice d'un organisme nommé Constellation 0-5 ans.

«Les enfants nous obligent et nous forcent à nous tourner vers l'avant», a-t-elle plaidé.

Deux heures plus tard, ce sont surtout les adultes qui ont mis la main à la pâte. Le Jardin du 6 juillet a pris forme à l'ombre du centre sportif grâce à la collaboration d'une vingtaine de jardiniers.

Certains estiment qu'en plus d'être rassembleur, l'exercice a une valeur thérapeutique.

«Aujourd'hui et demain (samedi et dimanche), ce sont des journées assez tristes, alors ça prenait quelque chose de positif. Là, les gens rient, et ils sentent qu'ils font partie de quelque chose», a exposé Yvan Fontaine, le concepteur de la mosaïque florale.

De l'avis de plusieurs, l'initiative a l'effet d'un véritable baume après des mois particulièrement éprouvants.

«Tous ceux à qui je parlais me disaient que l'hiver avait été vraiment difficile. On étouffait (...) Alors la température clémente fait du bien. C'est comme si on revivait», a confié Johanne Bolduc.

Après l'eau, la terre, le vent: ils ont été des centaines, de tous âges, à se réunir pour la troisième activité familiale de la journée, soit une envolée des 460 papillons, qu'une forte bise a rapidement fait virevolter.

Non loin de là, motocyclistes, quidams et touristes déambulaient sur la passerelle en bois qui relie l'église Sainte-Agnès et le «nouveau centre-ville», là où plusieurs commerces qui ont été rasés par les flammes ont été relocalisés.

Le parcours, qui se veut permanent, a été érigé aux abords de l'ancien centre-ville et suit de près ce chemin de fer que plusieurs résidants souhaitent voir disparaître à jamais.

Les autorités municipales espèrent que cette route incitera les citoyens à s'approprier le nouveau — et probable — futur centre nerveux de Lac-Mégantic, a indiqué la conseillère aux communications de la Ville, Karine Dubé.

Mais le plan d'urbanisme de la municipalité est loin de faire l'unanimité: alors que certains s'inquiètent pour l'avenir du patrimoine bâti, d'autres se réjouissent de voir pousser de nouveaux édifices dans la ville défigurée par le train fantôme.

Samedi après-midi, tout cela importait peu à Francine Roberge. La résidante du secteur sud, qui est coupé du centre-ville, a voulu profiter du moment présent. Elle n'en demeure pas moins nostalgique de sa communauté tissée serrée.

«Avant ça, je mettais mon auto au centre-ville, je faisais toutes mes commissions à pied, je rencontrais du monde, je parlais avec eux. Maintenant, on est toujours en auto. Tu rencontres les gens vite, vite... On dirait qu'on ne se parle plus», a-t-elle expliqué.

La journée, la soirée et la nuit de samedi visent à célébrer la vie et le renouveau, mais aussi à honorer la mémoire des 47 victimes du déraillement meurtrier survenu il y a un an.

Les activités de la journée culmineront avec une marche nocturne qui se mettra en branle sur le coup de 1 h 16 en face de l'église Sainte-Agnès, celle-là même qui surplombe le centre-ville dévasté par le train fantôme.

Le choix de l'heure de départ n'est pas fortuit: c'est vers cette heure, l'an dernier, que le convoi pétrolier a explosé au coeur de Lac-Mégantic, dans la nuit du 5 au 6 juillet.

Une «messe réconfort» sera célébrée à 23 h 55, soit quelques heures à peine avant la tenue d'une cérémonie plus officielle, dimanche en fin d'avant-midi, à laquelle assisteront plusieurs dignitaires, dont le premier ministre Philippe Couillard.

La messe commémorative de dimanche sera présidée par l'archevêque de Sherbrooke, Luc Cyr, qui prononcera également l'homélie, comme le lui a demandé le curé de Lac-Mégantic, l'abbé Steve Lemay.

Comme ce fut le cas l'an dernier, la messe sera diffusée en direct sur RDI. À Lac-Mégantic, des écrans géants seront installés aux abords de l'église pour permettre aux citoyens de la municipalité d'en suivre le déroulement.