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05/07/2014 12:21 EDT | Actualisé 05/07/2014 12:22 EDT

Festival de Jazz: Voyage avec Rickie Lee Jones (PHOTOS)

Spectra

Il y a un peu plus d’un an, le journal parisien L’Express disait de la charmante chanteuse américaine de 59 ans Rickie Lee Jones qu’elle avait fait craquer Tom Waits, Bob Dylan et plus récemment Ben Harper, qui a réalisé son dernier album de dix reprises, The Devil You Know, consacré à des légendes du rock sulfureux. En visite à Montréal dans le cadre du Festival de Jazz (FIJM), l’artiste s’est toutefois concentrée sur son répertoire d’anciennes chansons pour ce concert présenté au Club Soda, vendredi soir.

Rickie Lee Jones était de retour au FIJM après sept ans d’absence. Elle fait de la musique depuis une trentaine d’années et plus et on n’a pas vraiment besoin de souligner que plusieurs personnes l’attendaient avec impatience. La chanteuse, qualifiée tantôt d’éternelle bohème, tantôt de créatrice foncièrement authentique, a trouvé habilement son chemin à travers les décennies passées, partageant une grande majorité des compositions de son cru de sa belle voix fébrile et rebelle.

Tout ça habillé de beaux arrangements folk-blues-rock nuancés livré par quatre musiciens montrélais (basse, batterie, guitare électrique et clavier).

De classique en classique

Rickie Lee Jones a fait bien des heureux en ouvrant avec la pièce Youngblood de son brillant album homonyme paru en 1979.

Dès les premières paroles lancées, la douce aventure commençait du bon pied.

«Take a walk around midnight in the City / Young Blood is hiding there somewhere / If you're looking for something to do / There's always something happening there»

Cela dit, avec Rickie Lee Jones, il faut bien mettre en perspective le mot douceur, employé ici davantage pour qualifier l’atmosphère générale, le timbre de sa voix particulière (parfois angélique, parfois langoureuse), pour une présence scénique assez calme.

Cependant, il ne faut jamais oublier que sous les apparences se cache une aventurière extraordinaire, une battante, une femme qui n’a pas peur de dire les choses (elle peut être assez caustique à l’occasion).

Donnons en exemple la chanson assez acidulée Ugly Man (2003), écrite à propos de l’ancien président américain George W. Bush. «He really pissed me off a lot! (il m’a vraiment énervée!)», dit-elle avant de jouer les premières notes à la guitare.

Saut dans le temps

Durant la soirée, on entendra par ailleurs une grande majorité de pièces publiées çà et là sur sa douzaine de disques produits au fil du temps: Weasel and the White Boys Cool (1979), Pirates (So Long Lonely Avenue), au piano, We Belong Together (1981), The Low Spark of High Heeled Boys (2000) du groupe Traffic ainsi que Nobody Knows My Name (2007).

Elle a aussi livré Pusherman de Curtis Mayfield, dans une version funky-folk-rock vraiment cool.

Bien qu’elle était accompagnée de quatre musiciens montréalais, l’Américaine a interprété en fin de spectacle quelques chansons, seule à la guitare. Mentionnons la jolie et candide Chuck E’s In Love (1979) ainsi que Last Chance Texaco (1979).

«J’ai appris cette chanson de mon père» avant de chanter, dans une version jazz uptempo Bye Bye Blackbird popularisée entre autres par Nina Simone.

Très joli univers de R’n’B, blues, soul et pop.

Jason

Après quatre albums anglophones, le talentueux auteur, chanteur et musicien montréalais Jason Bajada osait l’an dernier un album en français, intitulé Le résultat de mes bêtises. Depuis un an, on a pu croiser le trentenaire un peu partout au Québec.

En première partie de Rickie Lee Jones, Bajada a proposé trois morceaux en anglais (Evolution Kind du respecté album Loveshit, puis How’d My Heart Get Caught? et Panama de l’album The Sound Your Life Makes.

Il a finalement interprété la délicieuse Whisky issue de son tout dernier disque fait dans la langue de Molière.

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