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05/07/2014 05:05 EDT | Actualisé 03/09/2014 05:12 EDT

Egypte: le gouvernement augmente fortement l'essence en réduisant ses coûteuses subventions

Le gouvernement égyptien, qui tente de juguler le déficit en réduisant ses coûteuses subventions, a drastiquement augmenté le prix de l'essence vendredi, une décision impopulaire qui pourrait constituer le premier défi du président récemment élu Abdel Fattah al-Sissi.

Dans un pays où les crises à répétition depuis la révolte populaire du début 2011 ont fait fuir touristes et investisseurs et mis l'économie à genoux, les gouvernements successifs ont appelé à supprimer les subventions sur l'essence, actuellement vendue à l'un des prix les plus bas du monde.

Mais, redoutant une fronde populaire, aucun n'a mis en place cette mesure, que le président élu en mai, l'ex-chef de l'armée Abdel Fattah al-Sissi, s'est engagé à appliquer, assurant ne pas s'inquiéter de son impopularité.

Le décret gouvernemental publié vendredi soir --et qui a pris effet à minuit-- a fait passer le prix du litre d'essence à indice d'octane 92 de 1,85 livre égyptienne (0, euros) à 2,6 livres, celui d'indice 80 de 0,9 livre à 1,6 livre, tandis que le prix du litre de diesel est passé de 1,1 livre à 1,8 livre, selon l'agence officielle Mena.

L'Etat consacre plus de 30% de son budget aux subventions sur l'essence et les produits alimentaires, dans un pays où près de 40% de la population --quelque 34 millions de personnes-- vit en dessous ou tout juste au-dessus du seuil de pauvreté (2 dollars), selon le gouvernement.

Le Premier ministre Ibrahim Mahlab a appelé les Egyptiens à "comprendre les défis actuels et à soutenir le gouvernement", promettant que les augmentations ne toucheraient pas les denrées alimentaires, selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram.

M. Mahlab avait estimé en mai que les subventions sur les hydrocarbures coûtaient à l'Etat 16 milliards d'euros par an, contre 6,5 milliards d'euros pour le budget de l'Education ou celui de la Santé.

M. Sissi, qui a destitué il y a un an le président islamiste Mohamed Morsi, a mené campagne lors de la présidentielle qu'il a remportée avec 97% des voix en mai pour des mesures d'austérité, appelant les Egyptiens à faire des sacrifices pour redresser l'économie, qui surnage actuellement grâce aux aides du Golfe.

Dans un récent discours, M. Sissi a lancé l'idée de donner "la moitié de son salaire et de ses biens à l'Egypte", appelant ses compatriotes à faire de même. Il a également exhorté les Egyptiens à circuler à vélo ou à pied pour économiser sur l'essence.

Le gouvernement a également approuvé une augmentation des impôts et annoncé que le prix de l'électricité augmenterait graduellement sur cinq ans.

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