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05/07/2014 05:03 EDT | Actualisé 03/09/2014 05:12 EDT

Chine: 5 ans après des émeutes meurtrières, le Xinjiang "panse ses plaies" (média d'Etat)

Cinq ans après avoir connu des émeutes interethniques meurtrières, Urumqi, capitale de la région chinoise musulmane du Xinjiang, "panse toujours ses plaies", a commenté samedi un des rares médias d'Etat à évoquer cet anniversaire, vantant "des actions déterminées" pour "combattre le terrorisme".

Opposant des Ouïghours --musulmans turcophones qui constituent la première ethnie du Xinjiang-- et des Hans (Chinois de souche), une série de violences avait débuté le 5 juillet 2009 dans les rues d'Urumqi.

Sur plusieurs jours, ces émeutes --les plus meurtrières depuis des décennies-- avaient fait près de 200 morts, dont une majorité de Hans, et 1.600 blessés, et elles avaient donné lieu à des centaines d'arrestations.

Cet anniversaire était quasiment passé sous silence par les médias chinois, mais faisait l'objet d'une dépêche de l'agence officielle Chine nouvelle.

"Depuis (2009), le terrorisme est devenu un problème d'une gravité exceptionnelle à Urumqi", où "les attentats n'ont jamais cessé" et où "les habitant s'inquiètent chaque matin de ce qu'il pourrait leur arriver dans la journée", relate le média d'Etat.

Chine nouvelle insiste par ailleurs sur le durcissement des mesures destinées à "assurer la stabilité de la ville", tels que des portails de sécurité et fouilles au corps "à l'entrée des parcs et des places".

Le cinquième anniversaire des émeutes de 2009 intervient alors que la Chine a connu ces derniers mois une série d'attaques sanglantes dans des lieux publics, au Xinjiang et en-dehors, imputés par les autorités à des radicaux ouïghours islamistes.

Un attentat suicide a notamment été commis courant mai sur un marché d'Urumqi, faisant 43 morts, dont les quatre agresseurs, et une centaine de blessés.

En réaction, Pékin a annoncé une vaste campagne de lutte antiterroriste. Signe du durcissement, treize personnes condamnées pour "terrorisme et actes de violence" ont été exécutées fin juin au Xinjiang, et de lourdes peines de prison ont été prononcées ces dernières semaines pour des dizaines de personnes accusées de "terrorisme".

De nombreux Ouïghours, hostiles à la tutelle de Pékin, se disent victimes d'une politique répressive à l'encontre de leur culture et de leur religion, et exclus des efforts d'investissements dans la région.

jug/ml