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05/07/2014 04:48 EDT | Actualisé 04/09/2014 05:12 EDT

A Albi, une école soudée autour des enfants après le meurtre de leur institutrice

"Adieu à une super maîtresse". Unis dans le chagrin, enseignants et parents ont fait corps, samedi, autour des enfants de l'école d'Albi où une institutrice de maternelle a été poignardée à mort par une mère déséquilibrée.

Au premier jour des vacances, une enfant de 6 ans est revenue dans son école Edouard-Herriot: vendredi matin, elle y a "tout vu" quand la maman d'une de ses copines de classe, Rachida, 47 ans, est "venue dans la classe discuter avec Fabienne", la maîtresse de 34 ans et "l'a tuée" avec un grand couteau de cuisine apporté dans son sac à main.

"Fabienne, elle avait le couteau dans le ventre... Aujourd'hui, on a fait des dessins de ce qui s'est passé", dit-elle, sa poupée à la main, à la sortie d'une rencontre avec des psychologues. "Ils ont dit qu'il faut tout jeter à la poubelle, comme ça, on ne va plus s'en souvenir."

La "cellule d'écoute" a été ouverte samedi à l'ensemble des familles de l'école. Mais dès vendredi, "aussitôt après le drame, des psychologues nous avaient pris les enfants, pour qu'ils parlent, en groupe", explique à l'AFP la mère de l'enfant, Laetitia Destruels. "A la réunion de ce matin, on était tous effondrés. Fabienne, c'était une maîtresse géniale".

Toute la matinée, adultes et enfants ont déposé des bouquets, des dessins, des petits mots, vantant "une super maîtresse", "une belle femme, gentille et généreuse". Lors de la réunion, fermée à la presse, tous étaient invités à s'exprimer.

Derrière les grilles de la cour d'école où les jeux avaient repris, un grand garçon, comme fasciné, racontait à deux filles plus jeunes ce qu'il avait appris du drame: "La dame a dit +je ne suis pas une voleuse+ et elle a planté le couteau..."

- 'Je savais qu'elle avait un grain' -

Appréhendée dans la rue juste après le drame, la mère d'élève a été mise en examen samedi en fin de journée pour "assassinat". Décrite par ses voisins comme une mère célibataire sans travail, de nationalité espagnole et d'origine marocaine, elle était logée à quelques centaines de mètres du groupe scolaire.

Dans ce quartier réputé "bien tranquille", elle habitait depuis deux ans un petit immeuble de trois étages mais sa fille ne fréquentait l'école Edouard-Herriot que depuis mai, a assuré à l'AFP Brigitte Skandine, 50 ans, "plongeuse" dans un restaurant. "C'est ma voisine, on se parlait depuis nos balcons. Je savais qu'elle avait +un grain+, mais je ne la croyais pas capable de ça... Je la trouvais seulement un petit peu +speed+, elle allait vite vite vite".

"On ne voyait jamais personne chez elle et elle sortait très peu, a-t-elle ajouté. Mais c'était une maman souriante, très gentille et attentionnée avec sa petite. J'en suis malade pour sa gamine de 6 ans qui, apparemment, a été placée aux services sociaux".

Le meurtre d'un enseignant en milieu scolaire est rarissime en France et celui-ci pourrait avoir été commis, selon le procureur d'Albi, sous l'emprise "d'idées délirantes de persécution".

- 'Une voisine discrète' -

La meurtrière a été placée immédiatement dans un établissement psychiatrique, une première expertise ayant conclu à "des troubles psychiques ayant aboli son discernement".

Selon ses voisins, elle ne faisait pourtant pas parler d'elle dans son nouveau quartier. "Ce n'était pas une personne agitée. Je la voyais toujours calme, assez discrète", a ainsi assuré à l'AFP un retraité, Christian Gayrard, 62 ans.

De la même façon, le groupe scolaire public n'était pas considéré comme un établissement à problèmes, bien au contraire. "C'était une école modèle où (...) tout se passait bien grâce à une équipe d'enseignants très soudée", a assuré samedi une déléguée départementale de l'éducation nationale (DDEN), Yvette Lacourt.

"Nous allons accompagner les enfants, les familles, les enseignants, tous ceux qui en ont besoin jusqu'à la rentrée et aussi longtemps que ce sera nécessaire", a déclaré l'adjoint de la directrice académique, Farid Djemmal.

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