POLITIQUE
04/07/2014 04:24 EDT | Actualisé 03/09/2014 05:12 EDT

Ottawa remettra 20 M$ à l'UNICEF pour un projet de lutte aux mariages forcés dans six pays

ADEK BERRY via Getty Images
This picture taken in Kabul on October 12, 2011 shows an Afghan woman making handcrafts at a shelter run by women for Afghan women. In the war-torn country, Afghan women often oppressed by poverty, family disputes, forced marriage or discrimination. Women's right in Afghanistan risk being forgotten as international troops withdraw and the government struggles for a peace deal 10 years after the Taliban were ousted, report by Oxfam and ActionAid said. AFP PHOTO / ADEK BERRY (Photo credit should read ADEK BERRY/AFP/Getty Images)

MONTRÉAL - Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi une nouvelle étape dans ses efforts pour s'attaquer aux mariages forcés.

En conférence de presse à Montréal, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a annoncé que le Canada allait remettre 20 millions $ sur deux ans à un projet de l'UNICEF qui cible six pays.

L'UNICEF souhaite accélérer la lutte contre le mariage des enfants au Bangladesh, au Burkina Faso, en Éthiopie, au Ghana, au Yémen et en Zambie.

L'agence affiliée à l'ONU prévoit fournir de l'aide politique et renforcer les programmes dans ces pays.

«Il s'agit d'endroits où l'UNICEF est active et où nous estimons avoir un environnement approprié pour possiblement obtenir du succès», a exprimé M. Baird.

Le ministre a souligné que des filles aussi jeunes que neuf ans sont forcées de se marier.

«La triste réalité est que chaque jour, plus de 38 000 filles sont contraintes au mariage», a dit M. Baird, parlant d'un problème complexe et répandu qui requiert des actions à l'échelle mondiale.

«On évalue qu'un nombre renversant de 14 millions de filles sont mariées chaque année avant l'âge de 18 ans — cela signifie qu'une fille sur trois parmi les pays développés est mariée avant son 18e anniversaire de naissance et une sur neuf avant l'âge de 15 ans», a-t-il évoqué.

M. Baird a fait cette annonce dans un centre de conditionnement physique de Montréal alors que des jeunes filles pratiquaient leur routine de gymnastique tout près. Il a déclaré que la pratique «troublante» des mariages forcés constituait une violation des droits de la personne, qui nuit aussi au développement économique.

Il a ajouté que le mariage précoce touchait tout le monde: «les filles, leurs collectivités et leurs pays».

«Les mariages précoces et forcés compromettent la vie et l'avenir des jeunes filles, a fait valoir le ministre, qui fait la promotion de l'initiative depuis trois ans. (La pratique) est néfaste pour ces filles, pour les pays dans lesquels elles vivent et n'est pas en phase avec les valeurs canadiennes.»

M. Baird a rappelé qu'il avait annoncé l'automne dernier un montant additionnel de 5 millions $ pour s'attaquer aux causes des mariages précoces et forcés à travers le monde.

«Nous avons déjà soutenu des projets en Afghanistan, en Éthiopie, au Ghana, en Somalie et au Zimbabwe et nos contributions à l'UNICEF représentent la prochaine étape de notre campagne», a-t-il soutenu devant les médias.

M. Baird s'est aussi fait questionner sur les mariages arrangés de jeunes filles au Canada. Il a reconnu que la pratique était plus présente que ce que les gens peuvent croire, tout en ajoutant que deux de ses collègues fédéraux travaillaient sur le problème.

M. Baird a précisé que la ministre de la Condition féminine, Kellie Leitch, et le ministre de la Justice, Peter MacKay, auraient plus à dire sur ce que le Canada peut faire pour contrer la pratique au pays.

«Nous voulons nous assurer qu'aucune jeune fille au Canada soit la victime d'un mariage précoce et forcé, a-t-il affirmé. Alors, nous allons nous manifester sous peu pour discuter davantage sur ce qui peut être fait au Canada.»

Le directeur de l'UNICEF, Anthony Lake, a pour sa part affirmé que le mariage précoce «prive les filles de leur droit de prendre leurs décisions d'elles-mêmes et de déterminer leur avenir».

«Les filles qui se marient moins jeunes fréquentent l'école plus longtemps, ont des enfants plus tard et ont de meilleures possibilités d'atteindre leur plein potentiel», a-t-il fait valoir dans un communiqué.

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