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04/07/2014 10:11 EDT | Actualisé 04/07/2014 11:46 EDT

Piknic Électronik: Jimmy Edgar, l'ultra magicien, performera ce dimanche à Montréal (ENTREVUE)

Vitali Gelwich Photography Berlin

Jimmy Edgar s’est bâti une enviable réputation grâce à sa fusion de techno, de g-funk, de house, d’électro et de bass music. On retrouve plusieurs de ses parutions sur des labels aussi prestigieux que Poker Flat, K7! et Warp. Pourtant, c’est désormais sous sa propre étiquette que sévit ce natif de Détroit.

Inauguré il y a à peine plus d’un an et demi, Ultramajic se veut autant une maison de disque qu’un site où les arts visuels, la photographie, le multimédia et la musique vont de pair. «Ultramajic est plus qu’un label! On aime à se décrire plus comme un collectif artistique qu’une simple étiquette de disque», précise le jeune trentenaire. «Pour nous, l’aspect visuel est aussi important que la musique. On cherche à avoir une identité visuelle forte, comme plusieurs labels des années 70 et 80 tel que Factory par exemple. Je pense que cette identité visuelle manque dans la musique d’aujourd’hui».

Virage dancefloor

À l’écoute de ses deux plus récents EP, Mercurio et Hot Inside, Jimmy Edgar semble avoir opéré un virage vers une musique plus agressive et peut-être un peu plus abstraite. «Je donne beaucoup de sets de DJ depuis quelques années et cela a eu un impact assez sérieux sur mon travail de composition, car je veux avoir des morceaux de mon crû qui puissent cadrer avec ceux des autres artistes que je fais jouer dans mes sets», explique ce passionné de géométrie sacrée et de métaphysique. «Depuis environ un an, je m’oriente davantage vers la création de singles plus dansants. Mais j’écris aussi des chansons et je pense que dans un futur par trop lointain elles se retrouveront sur un album».

Club sculpture

Le prolifique DJ, producteur, directeur artistique et photographe américain est un habitué de la scène électro montréalaise, lui qui a participé entre autres à Mutek, à Osheaga et au Piknic Électronik où il sera une fois de plus ce dimanche. «Les gens à Montréal apprécient la bonne musique de club. Tu n’as pas ça aux États-Unis. Les Américains sont très loin derrière en terme de club culture électro. Elle n’existe tout simplement pas. Oui il y a une scène plus commerciale (Electronic Dance Music) qui pourrait amener un jeune public à découvrir autre chose en terme de musique électronique, mais on ne peut pas parler de véritable culture», analyse Jimmy Edgar qui admet dans la foulée ne pas trop suivre la scène EDM à qui il ne donne pas une très longue espérance de vie d’ailleurs.

«Je ne sais pas si c’est moi qui suis complètement ignorant, mais quand je regarde la liste du Beatport Top 100, je me dis “mais qui achète ces trucs-là?”. Je suis vraiment déconnecté de toute cette électro commerciale et je pense que de plus en plus de gens le seront eux aussi bientôt. Il y a de petites scènes qui jouissent d’une certaine popularité sur le web, des micros courants comme Vaporwave, Seapunk, Witch House… Elles ont toutes une image originale, une mode appropriée, bref une personnalité forte. C’est de ça que je parle, de ce désir de créer quelque chose de différent et d’original. Je pense que de plus en plus on s’oriente vers ça et la mort de l’électro commerciale».

DJ set Boiler Room Osheaga 2013:

Gare à Edgar

Pour le set qu’il présentera au pied de la statue Calder ce weekend, Jimmy Edgar verra une fois sur place vers quoi il orientera ses choix musicaux. Ce qui est certain, c’est qu’il y a bien des morceaux qu’on entendra pour la première fois. «Je travaille constamment sur de nouveaux morceaux et j’aime faire jouer des titres inédits ou qui ne sont pas encore parus», souligne l’artiste qui vit depuis quelque temps à cheval entre la Côte Ouest des États-Unis et Berlin.

«Je suis très intuitif lorsque je suis DJ. Je m’adapte par rapport au lieu, aux gens qui sont là, à l’atmosphère qui y règne et à ce que jouent les autres DJ invités. En fait, je m’arrange pour ne pas jouer le même genre de musique que celui que les autres DJ. Je cherche à offrir quelque chose de différent tout en faisant danser les gens sur des musiques innovatrices et souvent inconnues. Je n’y vais pas cependant morceau par morceau. Je vois ça comme si j’étais en train de peindre par exemple», détaille Jimmy Edgar qui précise tout de même avoir en général un plan de match d’une vingtaine de titres, mais de rarement le respecter.

«Je planifie un peu mes sets mais je laisse une grande place à la vibe du moment. Être DJ ce n’est pas nécessairement de jouer ce que les gens veulent entendre, c’est plus d’essayer de les faire entrer dans un certain groove. C’est ce que je fais quand je joue dans des clubs, mais dans des événements extérieurs ou dans les festivals, c’est plus difficile. Les gens sont dans un état d’esprit différent, ils sont distraits par toutes sortes de choses. Tu dois plus être à l’écoute de leurs émotions et de leurs humeurs».

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