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03/07/2014 06:17 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Un leader kurde demande la tenue d'un référendum sur l'indépendance du Kurdistan

BAGDAD - Alors que plusieurs régions irakiennes sont entre les mains de militants sunnites, un important leader kurde a invité jeudi les législateurs régionaux à préparer la tenue d'un référendum sur l'indépendance du Kurdistan, un vote qui ouvrirait la voie à une partition de l'Irak.

L'offensive des militants sunnites dans le nord et l'ouest de l'Irak a ravivé la flamme séparatiste des Kurdes, qui revendiquent leur indépendance depuis un bon moment. Il semble s'agir de la meilleure chance à s'offrir à eux depuis des décennies.

Le projet d'indépendance des Kurdes est confronté à l'opposition de plusieurs nations — incluant celle des États-Unis — n'ayant aucun désir de voir l'Irak se fragmenter.

En 1991, la zone d'exclusion aérienne décrétée par l'Occident a permis à la région de s'imposer comme un havre de stabilité et de prospérité alors que le reste du pays sombrait dans la violence et l'instabilité politique.

Le Kurdistan irakien, qui regroupe trois provinces, a été officiellement reconnu comme un territoire autonome à la suite de l'invasion de l'Irak menée par les États-Unis en 2003, qui s'est soldée par la chute du dictateur Saddam Hussein.

Devant la législature régionale, jeudi, le président du gouvernement régional du Kurdistan, Massoud Barzani, a affirmé qu'il fallait sans plus tarder mettre sur pied une commission électorale et se préparer à la tenue d'«un référendum sur l'autodétermination».

«Nous serons en meilleure posture et nous disposerons de meilleures armes (politiques)», a-t-il déclaré lors d'une rencontre à huis clos — son discours a été filmé, et l'Associated Press a obtenu une copie de la séquence.

«Il est temps de décider de notre sort sans attendre que d'autres ne le fassent pour nous», a poursuivi Massoud Barzani.

Les leaders kurdes menacent depuis des années d'organiser un référendum sur l'indépendance, mais ces bravades servaient surtout à négocier des concessions auprès du gouvernement central de Bagdad. La récente offensive sunnite, qui a somme toute scindé le pays en trois, change la donne.