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03/07/2014 05:02 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Ulster: tensions politiques avant les traditionnelles marches unionistes

Des discussions en Irlande du Nord entre partis unionistes protestants et républicains catholiques se sont soldées jeudi par un échec, peu avant la période sensible des marches loyalistes à Belfast, qui donnent régulièrement lieu à des débordements.

Les partis unionistes ont claqué la porte de pourparlers organisés depuis la veille à Belfast, à la suite de la décision d'une commission de restreindre la parade loyaliste du 12 juillet. La marche marque la victoire en 1690 du roi protestant Guillaume III d'Orange sur son rival catholique Jacques II, et donne chaque année lieu à des scènes de violence.

La commission, mise en place par le gouvernement bi-confessionnel irlandais, a cité des raisons d'ordre public et les risques de tensions communautaires pour interdire aux participants de passer près du quartier d'Ardoyne, majoritairement catholique, dans le nord de Belfast.

La commission avait déjà pris la même décision en 2013, ce qui avait donné lieu à des violences côté unioniste. Les années précédentes, le passage de la parade orangiste dans le quartier nationaliste avait suscité des émeutes côté républicain.

Le Premier ministre nord-irlandais, l'unioniste Peter Robinson, a estimé que la décision de la commission constituait "une menace pour les institutions" d'Ulster, établies dans le cadre du processus de paix.

Il a aussi annulé sa participation à une réunion prévue vendredi à Dublin avec le numéro deux de son gouvernement, le républicain Martin McGuinness, le Premier ministre de république d'Irlande Enda Kenny et le vice-Premier ministre irlandais Eamon Gilmore.

Son parti, le DUP, et une autre formation unioniste, l'UUP, ont accusé la commission d'avoir cédé à la menace des républicains et annoncé dans un communiqué qu'ils coupaient tout lien avec cette institution.

Martin McGuinness, membre du Sinn Fein et vice-Premier ministre nord-irlandais, a estimé que l'Ulster s'apprêtait à vivre "deux semaines de tension", tandis qu'Eamon Gilmore a exhorté "toutes les parties en Irlande du Nord à continuer de travailler de façon constructive au sein des institutions".

alm/gg