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03/07/2014 05:25 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Tractations des Etats-Unis dans la région pour mettre fin au chaos en Irak

Les Etats-Unis menaient des tractations auprès de figures clé dans la région pour mettre fin au chaos en Irak, où la vie politique est bloquée et les troupes gouvernementales tentent de reprendre la main face à l'avancée des insurgés sunnites.

Accusé notamment de concentrer le pouvoir et de marginaliser la communauté sunnite, le Premier ministre Nouri al-Maliki a pour sa part décrété une amnistie pour les personnes "impliquées dans des actes contre l'Etat".

Il s'agit d'une rare démarche alors que les divisions persistent et ont éclaté au grand jour mardi lors d'une première séance du nouveau Parlement, censée enclencher le processus de mise en place d'un gouvernement mais qui a été levée dans le chaos. Une prochaine séance est prévue le 8 juillet.

Des insurgés sunnites menés par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont lancé une offensive le 9 juin s'emparant depuis de larges portions du territoire irakien et proclamant dimanche un "califat" sur les zones conquises allant d'Alep, dans le nord de la Syrie, à la province de Diyala, dans l'est irakien.

- Lente progression de l'armée -

Jeudi, des combats avaient lieu près de la ville de Tikrit, chef-lieu de la province de Salaheddine que les forces gouvernementales tentent de reprendre depuis dimanche, mais leur avancée a été ralentie par un terrain miné.

Le gouverneur de la province, Ahmed Abdallah Joubouri, avait déclaré mercredi que la progression des forces de sécurité était lente "car toutes les maisons et tous les véhicules brûlés (sur la route menant à Tikrit) avaient été piégés".

Selon lui, il faudra encore plusieurs jours avant que les forces gouvernementales ne réussissent à entrer dans la ville.

Le porte-parole de M. Maliki pour la sécurité a pour sa part fait état d'affrontements entre les forces de sécurité et les insurgés au sud de Bagdad.

L'offensive jihadiste et la paralysie politique menacent le pays d'éclatement, un risque d'autant plus grand que l'offensive jihadiste a renforcé les velléités des Kurdes, qui se sont emparés de la ville disputée de Kirkouk, désertée par l'armée, et envisagent désormais un référendum d'indépendance.

En face, M. Maliki s'est montré intransigeant: "Personne n'a le droit d'exploiter les événements qui ont eu lieu pour imposer un fait accompli, comme l'a fait la région du Kurdistan", a-t-il déclaré mercredi à la télévision.

Sorti vainqueur mais sans majorité des élections législatives du 30 avril, M. Maliki a longtemps fait figure de favori pour diriger le prochain gouvernement. Mais son possible remplacement est désormais discuté même au sein de sa coalition.

Après des appels restés vains à la formation dans les délais les plus brefs d'un gouvernement d'union, les Etats-Unis alarmés, ont lancé des tractations tous azimuts dans la région pour les pousser à user de leur influence auprès des différentes parties irakiennes.

- Urgence d'un nouveau gouvernement -

Le vice-président américain Joe Biden et Ossama al-Noujaïfi, président sunnite du Parlement lors de la précédente législature, ont ainsi mis en avant l'urgence à "former rapidement un nouveau gouvernement qui soit en mesure d'unir le pays".

Le président Barack Obama a également contacté le roi Abdallah d'Arabie saoudite pour lui demander de jouer de son influence.

Enfin, le secrétaire d'Etat John Kerry a reçu une délégation kurde et a eu un entretien téléphonique avec le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, au cours duquel il a mis en avant le rôle de premier plan que doivent jouer les Kurdes dans la formation du nouveau gouvernement à Bagdad.

Pour mener sa contre-offensive contre les insurgés, après la débandade de l'armée aux premiers jours de l'opération, Bagdad a reçu dix avions Sukhoï, annoncés comme venant de Russie mais qui pourraient en fait venir d'Iran selon certains experts.

Les Etats-Unis, dont les troupes ont quitté l'Irak en 2011 après huit ans d'occupation, sont pour leur part en train de déployer 300 conseillers militaires et près de 500 soldats chargés de protéger leur ambassade et l'aéroport de Bagdad. Ces derniers sont équipés d'hélicoptères Apache et de petits drones de surveillance non armés.

Selon l'ONU, les violences ont fait plus de 2.400 morts en juin, dont près de 900 membres des forces de l'ordre, un niveau jamais vu depuis des années.

L'offensive jihadiste a en outre fait des centaines de milliers de déplacés.

bur-feb/sw