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03/07/2014 08:32 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Somalie: parlementaire tué dans une nouvelle attaque shebab pour le ramadan

Un parlementaire somalien a été tué jeudi à Mogadiscio dans un nouvel attentat revendiqué par les islamistes shebab liés à Al-Qaïda, le dernier en date depuis le début du mois de ramadan.

Chassé de la capitale en août 2011, le groupe armé continue de harceler les institutions somaliennes de transition et accroît sa pression pendant le mois sacré des musulmans, qui a débuté dimanche.

Le parlementaire Ahmed Mohamud Hayd, ancien ministre et gradé de l'armée, a été tué jeudi matin dans le quartier du port, l'un des secteurs de Mogadiscio où la présence policière est la plus forte, ont rapporté des témoins.

"C'était un assassinat ciblé", a affirmé à l'AFP le porte-parole des shebab, Abdulaziz Abu Musab.

"Nous allons continuer de traquer les autres parlementaires s'ils ne quittent pas cette organisation apostate", a-t-il lancé, en faisant référence au Parlement somalien.

Des hommes armés à bord d'une voiture ont ouvert le feu sur M. Hayd et un autre parlementaire alors qu'ils sortaient d'un hôtel.

Un garde du corps a aussi été tué, un employé du Parlement a été blessé et un autre député est sorti indemne de l'attentat, a indiqué l'ONU. Les shebab avaient affirmé que l'autre parlementaire avait été blessé.

La zone où a eu lieu la nouvelle attaque est proche à la fois du Parlement et du palais présidentiel.

"Ils allaient participer à une session du Parlement quand ils ont été attaqués, la mort de l'un des parlementaires a été confirmée", a déclaré un autre élu, Abdi Bare Yusuf.

Les assaillants "se sont échappés après l'assassinat, la police et les autres forces de sécurité ont bouclé la zone", a indiqué un témoin, Abdi Liban.

Le Premier ministre, Abdiweli Sheikh Ahmed, a fustigé une attaque "odieuse".

"Nous condamnons ce meurtre et tout autre meurtre, surtout durant le mois sacré de ramadan", a-t-il dit dans un communiqué, soulignant que "l'islam ne prône pas le meurtre des innocents, le fait que des frères tuent leurs propres frères".

L'envoyé spécial des Nations unies en Somalie, Nicholas Kay, a jugé que les auteurs de ces "crimes" montrent ainsi "le peu de considération" qu'ils ont "pour le peuple somalien".

- "Menace spécifique" en Ouganda -

Les shebab avaient promis d'intensifier leurs attaques pendant le mois de ramadan.

Cinq attaques avaient eu lieu lundi, dont l'explosion d'une bombe qui a tué au moins deux personnes sur un marché de la capitale, très fréquenté par des habitants qui faisaient leurs courses en vue de la rupture du jeûne le soir. Deux soldats ont aussi été tués durant la journée.

Le président somalien Hassa Cheikh Mohamud avait pourtant assuré que le gouvernement avait pris toutes les mesures pour contrer la menace shebab durant cette période sensible.

Expulsés de la capitale en 2011 par la force africaine Amisom (qui compte 22.000 hommes aujourd'hui), puis de la quasi-totalité de leurs bastions du sud et du centre de la Somalie, les shebab contrôlent toujours de larges zones rurales.

Ils privilégient désormais les actions de guérilla et les attentats, visant notamment la capitale et les institutions de la Somalie, plongée dans la guerre civile en 1991.

Les shebab menacent en outre des pays engagés en Somalie au sein de l'Amisom, notamment le Kenya, récemment frappé par des attaques revendiquées par les islamistes.

Sans mentionner aucun groupe nommément, l'ambassade des Etats-Unis en Ouganda a mis en garde jeudi contre une "menace spécifique" d'attaque "terroriste" dans la soirée contre l'aéroport de Kampala.

Mais les autorités ougandaises - qui ont aussi envoyé des troupes en Somalie - ont assuré avoir "apporté une réponse" à la menace en renforçant la présence militaire et policière dans la capitale.

Revendiqué par les shebab, un double attentat contre deux bars de Kampala, qui retransmettaient des matches de la Coupe du monde de football, avait fait au moins 76 morts en 2010.

La Somalie n'est pas seulement confronté à des défis sécuritaires. Selon les agences humanitaires, elle risque cette année une catastrophe alimentaire en raison des très faibles pluies, moins de trois ans après une famine meurtrière.

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