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03/07/2014 01:08 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Sécurité aéroportuaire accrue face aux "nouvelles menaces" selon Washington

La Grande-Bretagne puis la Belgique ont annoncé jeudi le renforcement de la sécurité aéroportuaire après un appel à la vigilance en Europe et au Proche-Orient lancé par Washington, face à la crainte de l'utilisation de nouvelles bombes ultra-sophistiquées par des terroristes.

Le gouvernement de Barack Obama n'a pas spécifié la nature exacte, la localisation ou l'imminence du nouveau péril, dans sa mise en garde dévoilée à l'avant-veille de la fête nationale américaine du 4 juillet.

Les officiels et experts insistent cependant sur la conjonction inquiétante de deux phénomènes: la mise au point par des artificiers d'engins indétectables, et les déplacements de jihadistes radicalisés dans des pays en guerre comme la Syrie.

C'est cependant en Afrique, à Kampala, qu'une "menace spécifique" a été mentionnée par l'ambassade des Etats-Unis en Ouganda. Elle a fait état d'un projet "d'attaque contre l'aéroport international d'Entebbe par un groupe terroriste inconnu le 3 juillet entre 21H00 et 23H00 (18H00-20H00 GMT)". L'armée et la police ougandaises ont aussitôt renforcé leur présence.

Interrogé sur les précautions additionnelles au Royaume-Uni, le Premier ministre David Cameron s'est montré évasif: "Nous prenons ce genre de décisions en fonction des éléments à notre disposition dans le cadre d'une coopération avec nos partenaires".

"La sécurité des voyageurs doit primer, nous ne devons prendre aucun risque", a-t-il ajouté alors que ses services mentionnaient "une menace évolutive".

En Belgique, la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet a indiqué que la surveillance accrue s'exercerait sur "du matériel électronique, des tablettes, ordinateurs, téléphones portables pour s'assurer qu'il n'y ait pas de substance explosive".

Quoi qu'il en soit, à Londres-Heathrow, premier aéroport international en nombre de passagers, aucun déploiement policier ni file d'attente n'étaient discernables dans la journée.

Les autorités britanniques n'ont d'ailleurs pas cru bon de relever le niveau d'alerte, inchangé "à substantiel", soit le 3e cran sur une échelle de 5.

- Laboratoires d'Al-Qaïda au Yemen -

L'alarme a été lancé par le secrétaire américain à la Sécurité intérieure Jeh Johnson en annonçant le déploiement "dans les prochains jours" de nouvelles procédures de sécurité.

Selon un responsable de son ministère il s'agissait d'accentuer les contrôles dans les aéroports desservant les Etats-Unis au Proche-Orient et en Europe.

"Nous ne souhaitons pas divulguer d'éléments sur les niveaux de sécurité à ceux qui nous veulent du mal", a-t-il dit à l'AFP, se contentant d'évoquer des "contrôles supplémentaires des personnes et de leurs biens".

Le rappel à la prudence intervient dans un contexte de regain de tension au Proche-Orient, en particulier en Syrie et en Irak menacé d'éclatement par l'offensive des jihadistes sunnites de l'Etat islamique (EI).

Dimanche, le président Barack Obama avait averti que les Européens "aguerris" et embrigadés dans le jihad dans ces deux pays menaçaient la sécurité des Etats-Unis.

David Cameron a fait un constat identique, estimant que 400 Britanniques ont combattu ou combattent en Syrie aujourd'hui, "et projettent aussi de nous attaquer ici", au Royaume-Uni.

"La crainte c'est que certains des combattants en Syrie dotés de passeports européens ou américains ne regagnent leur pays avec un savoir-faire en matière de fabrication de bombes sophistiquées, et posent une menace", résume Margaret Gilmore, chercheuse à l'institut londonien Rusi. D'après elle, les artificiers d'Al-Qaïda au Yemen seraient les plus redoutables.

Des experts américains et britanniques ne cachent pas leurs inquiétudes face à leurs "Artfully Concealed Devices", des explosifs miniaturisés et difficilement repérables. "Abattre un avion équivaut à un prix d'excellence" aux yeux de nombreux terroristes, souligne Brooke Rogers, du King's College de Londres.

Plusieurs épisodes -- tous déjoués -- ont attesté ces dernières années de l'inventivité des terroristes.

Le 22 décembre 2001, le Britannique Richard Reid avait tenté de faire exploser un vol Paris-Miami d'American Airlines en activant une bombe cachée dans ses chaussures.

Trois ans après, les services de renseignement britanniques déjouaient un complot visant à faire exploser en vol sept avions transatlantiques, à l'aide de "bombes liquides" dissimulées dans des boissons énergisantes.

Le 25 décembre 2009, Umar Farouk Abdulmutallab, un Nigerian, tentait en vain de déclencher un engin dissimulé dans ses sous-vêtements à l'approche de Detroit aux Etats-Unis.

Et en 2011, des cartouches d'encre piégées étaient découvertes en Grande-Bretagne et à Dubai, dans des avions cargo en provenance du Yemen et à destination des Etats-Unis.

Jeudi, Ben Friedman, expert américain au Cato institute a évoqué sur la BBC le scénario-cauchemar de bombes intraçables implantées chirugicalement dans le corps d'aspirants kamikazes. "Nous voulons être prudents et avisés... mais ces types accumulent les échecs", a-t-il selon cependant relativisé.

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