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03/07/2014 06:09 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Roumanie: une figure controversée de la politique roumaine inculpée pour chantage

Les procureurs anticorruption de Roumanie ont inculpé jeudi une figure sulfureuse de la politique roumaine et ex-patron d'un important groupe de médias, Dan Voiculescu, pour une affaire de chantage impliquant deux chaînes de télévision du groupe aujourd'hui contrôlé par sa fille.

M. Voiculescu, membre d'un parti de la coalition de gauche actuellement au pouvoir, a été placé jeudi sous contrôle judiciaire, a indiqué le Parquet anticorruption (DNA) dans un communiqué.

Il est accusé d'avoir "menacé de manière directe ou par des intermédiaires" des responsables de trois compagnies "de lancer une campagne agressive de dénigrement s'ils ne signaient pas de contrats de publicité avec le groupe de presse qu'il dirige de fait", selon un communiqué du DNA.

Le chantage aurait eu lieu entre 2007 et 2012 et un des trois hommes d'affaires y aurait cédé, donnant à M. Voiculescu 900.000 euros "sous forme de cinq contrats de publicité", indique le parquet.

Dans le cas d'un deuxième, qui aurait refusé de céder au chantage, " le groupe de presse contrôlé par l'inculpé a lancé une attaque médiatique soutenue contre sa compagnie ", selon le parquet.

M. Voiculescu a rejeté jeudi ces accusations, affirmant ne pas connaître les hommes d'affaires concernés.

L'année dernière, plusieurs médias du groupe Intact Media avaient déjà été renvoyés en justice dans une affaire similaire.

Ancien collaborateur de la Securitate, la très redoutée police politique communiste, M. Voiculescu est une figure très controversée de la politique roumaine. Après la chute du communisme en 1989, il a fondé le Parti conservateur, aujourd'hui membre de la coalition au pouvoir, et fondé le groupe Intact Media qui déteint notamment deux chaînes de télévisions très populaires.

Mais ces derniers mois, l'étau judiciaire s'est resserré autour de M. Voiculescu, condamné en première instance à cinq ans de prison dans une affaire de corruption. Le procès en appel est en cours.

La Roumanie s'est engagée à renforcer la lutte contre la corruption depuis son entrée dans l'Union européenne en 2007 et fait l'objet d'une surveillance de Bruxelles dans ce domaine.

at/mpd