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03/07/2014 10:13 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Renforts israéliens limités près de Gaza, craintes de violences généralisées

L'armée israélienne a décidé jeudi d'envoyer des renforts limités près de la bande de Gaza pour dissuader le mouvement islamiste Hamas, après des salves de roquettes contre Israël, dans un climat tendu par les meurtres de trois étudiants israéliens et d'un adolescent Palestinien.

"Il s'agit d'effectifs limités d'officiers de réserve dépêchés dans différents QG militaires afin de renforcer notre capacité près de la frontière avec Gaza", a déclaré aux journalistes un porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Peter Lerner.

"Plusieurs dizaines" d'officiers seront stationnés dans les agglomérations israéliennes autour de l'enclave palestinienne.

"Nous nous donnons pour mission de faire passer un message de désescalade au Hamas et en même temps nous voulons être préparés à toutes les situations", a souligné le porte-parole.

Au total, près de 20 projectiles ont été lancés en direction d'Israël depuis mercredi minuit de la bande de Gaza, dont deux interceptés par le système de défense antimissile Iron Dome.

Deux maisons de Sdérot, ville populaire du sud d'Israël proche de Gaza, ont été directement touchées, l'une dans la nuit et l'autre, abritant une colonie de vacances, en début de matinée, par des roquettes qui ont causé des dégâts matériels mais pas de victime, selon l'armée.

En représailles, l'aviation israélienne a lancé un nouveau raid aérien dans l'après-midi sur la bande de Gaza après une série de frappes nocturnes qui ont fait 11 blessés, dont un Palestinien grièvement blessé, selon des sources palestiniennes et israéliennes.

"La désescalade dépend du Hamas car il paye actuellement le prix fort en Cisjordanie pour le kidnapping de trois adolescents (israéliens) et il est en même temps soumis à une forte pression à Gaza", a analysé le lieutenant-colonel Lerner.

A Jérusalem-Est occupé et annexé, les affrontements ont repris jeudi après-midi, selon des photographes de l'AFP, des jeunes manifestants tirant des feux d'artifice directement contre les policiers. Ils avaient éclaté mercredi matin dans le quartier de Chouafat après le meurtre d'un adolescent palestinien, Mohammad Abou Khdeir, et se sont poursuivis jusqu'à l'aube jeudi, selon des témoins.

Un total de 232 personnes ont été blessées dans ces violences, a précisé à l'AFP le Croissant-Rouge palestinien. Six ont été atteintes par des tirs à balles réelles, selon la même source.

Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, avait été kidnappé mardi soir à Chouafat. Son corps --entièrement brûlé, selon l'avocat de la famille-- a été retrouvé quelques heures plus tard près d'une forêt dans la partie ouest de la ville.

Selon les médias, il pourrait s'agir d'un acte de vengeance après la découverte lundi des corps de trois étudiants israéliens enlevés le 12 juin près d'Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée.

Le ministre israélien de la Sécurité publique, Yitzhak Aharonovitch, a souligné que "toutes les pistes d'investigation" étaient vérifiées et que le motif du meurtre ne pouvait pas "être déterminé pour le moment".

- Appels au calme -

Parallèlement, l'armée israélienne a poursuivi sa traque en Cisjordanie pour retrouver les auteurs --des activistes du Hamas, selon Israël-- du meurtre des trois jeunes juifs qui a soulevé une vague d'émotion en Israël.

Treize Palestiniens recherchés ont été appréhendés dans la nuit, a précisé une porte-parole de l'armée. Selon le ministère palestinien des Affaires étrangères, plus de 640 personnes, dont 11 députés, ont été arrêtées en Cisjordanie occupée depuis le début des opérations de ratissage israéliennes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réuni mercredi soir son cabinet de sécurité, constitué des principaux ministres, pour discuter de la riposte anti-palestinienne, mais il n'a fait aucune annonce publique.

De fait, relèvent les analystes, la marge de manoeuvre de M. Netanyahu a été considérablement réduite par le meurtre du jeune Palestinien de Jérusalem-Est.

Mais cette absence de décision au plus haut niveau est critiquée par certains commentateurs, comme Nadav Eyal, qui déplore une vacance du pouvoir "attisant la fièvre populaire à des fins d'exploitation politique".

En outre, comme à chaque cycle de violence avec les groupes armés de Gaza, nombre d'experts militaires israéliens estiment préférable de laisser le Hamas au pouvoir plutôt que de prendre le risque de le voir remplacé par des organisations islamistes bien plus radicales, de plus en plus menaçantes dans la région.

En Israël, muet jusqu'à présent, le "camp de la paix" a commencé à faire entendre sa voix, rassemblant quelque 3.000 sympathisants mercredi à Jérusalem. Une manifestation du mouvement anticolonisation La Paix Maintenant est prévue dans la soirée à Tel-Aviv.

Les appels au calme se sont multipliés ces dernières heures en Israël et au niveau international face aux violences.

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