POLITIQUE
03/07/2014 05:31 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Ottawa était au courant des risques entourant les wagons-citernes DOT-111

ASSOCIATED PRESS
In this Aug. 8, 2012 photo, a DOT-111 rail tanker passes through Council Bluffs, Iowa. For two decades, DOT-111 rail tankers, workhorses of the American rail fleet, have been allowed to haul hazardous liquids from coast to coast even though transportation officials were aware of a dangerous design flaw that almost guarantees the car will tear open in an accident. The rail and chemical industries have committed to a safer design for new tankers, but they do not want to modify tens of thousands of existing cars. That?s despite a spike in the number of accidents. (AP Photo/Nati Harnik)

Transports Canada avait été informé dès 2011 par le plus important lobby de chemins de fer en Amérique du Nord, l'Association of American railroads (AAR), des risques concernant les wagons-citernes DOT-111.

Un texte de Denis-Martin Chabot

Ces wagons tout usage, qui peuvent transporter aussi bien des produits tout à fait inoffensifs comme de la melasse que des produits dangereux comme du pétrole, ont été au cœur de la tragédie de Lac-Mégantic.

Selon des documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, l'AAR réclamait depuis 2011 l'adoption de nouvelles normes, tant au Département des transports des États-Unis qu'à Transports Canada.

L'AAR demandait notamment l'installation de boucliers aux extrémités des wagons et le renforcement du réservoir. À Lac-Mégantic, de telles mesures auraient peut-être évité que les wagons soient éventrés ou que ceux-ci explosent.

D'ailleurs, en octobre 2011, devant l'inaction des gouvernements, l'AAR a demandé à ses membres d'adopter sur une base volontaire les nouvelles normes qu'elle propose pour tout nouveau wagon-citerne destiné au transport de produits dangereux.

Sur les 335 000 wagons-citernes qui circulent en Amérique du Nord, seulement 18 000 d'entre eux ont été construits selon ces normes.

Transports Canada a refusé de nous accorder une entrevue, mais rappelle que le Canada a adopté en avril dernier des normes très sévères pour l'utilisation des DOT-111 pour le transport de produits dangereux, qui vont dans le sens de celles réclamées trois ans plus tôt par l'AAR.

L'AAR n'a pas voulu nous parler non plus, mais a félicité Transports Canada pour ces mesures, alors que les États-Unis n'ont toujours pas emboîté le pas au Canada.

« Il y avait urgence, pourquoi ils ne l'ont pas fait? Il y a eu 47 morts et des familles qui ont été touchées », souligne M. Lonergan, ajoutant que les régulateurs des deux côtés de la frontière auraient pu agir plus vite.

Selon lui, Transports Canada et le département des transports des États-Unis auraient pu adopter les normes proposées par l'AAR bien avant Lac-Mégantic et ainsi rendre le tranport de pétrole par chemin de fer beaucoup plus sécuritaire. Mais cela aurait été onéreux.

Depuis avril, environ 5000 wagons DOT - 111 trop vieux pour être mis à niveau ne peuvent donc plus transporter de pétrole au Canada, mais ce n'est pas le cas aux États-Unis. Et d'ici trois ans, ces wagons devront être complètement retirés de la circulation.

Entre-temps, trois employés de la Montreal Maine & Atlantic (MMA), ainsi que la compagnie, doivent répondre à 47 chefs d'accusation de négligence criminelle entraînant la mort dans la tragédie du 6 juillet 2013. Le Bureau de sécurité dans les transports devrait remettre son rapport d'enquête d'ici peu.

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