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03/07/2014 03:52 EDT | Actualisé 01/09/2014 05:12 EDT

Nucléaire iranien: un marathon de réunions s'engage pour "entrer dans l'Histoire"

Une "chance historique" selon Washington, une "occasion unique d'entrer dans l'Histoire" d'après Téhéran : la négociation finale sur le nucléaire iranien a commencé jeudi matin à Vienne, lestée d'une forte charge de solennité.

"C'est un moment crucial dans les efforts internationaux pour résoudre l'un des défis de politique étrangère les plus difficiles de notre temps", a encore insisté William Hague, le chef de la diplomatie britannique.

L'élan apporté par ces discours sera nécessaire aux négociateurs entrés en réunion peu après 09H00 (07H00 GMT), tant les positions semblent encore éloignées entre l'Iran d'une part, et d'autre part les grandes puissances du 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). Experts et hauts responsables politiques entament un marathon qui pourrait se poursuivre jusqu'à la date-limite du 20 juillet.

L'accord négocié depuis le début de l'année garantirait que l'Iran ne cherche pas à se doter de la bombe nucléaire. En échange, les sanctions internationales qui privent chaque semaine ce pays de milliards de revenus du pétrole seraient levées.

Il favoriserait aussi la normalisation des relations entre Occidentaux et la République islamique, dans un Moyen-Orient plus que jamais explosif, avec la progression des jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak, et la guerre civile en Syrie.

Il réduirait enfin le risque de prolifération nucléaire dans la région. Outre Israël, les monarchies pétrolières sunnites du Golfe persique envisagent avec effroi la perspective d'un Iran chiite ayant la bombe atomique.

"Nous avons une occasion unique d'entrer dans l'Histoire", a souligné le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Mais M. Zarif a aussi prévenu que son pays n'était pas prêt à "brader les avancées technologiques" de son programme atomique, une source de fierté nationale à laquelle il n'est pas question pour l'Iran de renoncer.

Dans une tribune au quotidien français Le Monde, il a rappelé en détail les efforts consentis par l'Iran pour faire la transparence sur ses activités, et plaidé à nouveau que son pays, pour des raisons "morales", "religieuses" et "stratégiques", ne voulait pas la bombe.

M. Zarif a aussi tenté de démontrer que les sanctions infligées à l'Iran n'avaient pas empêché la poursuite d'un programme nucléaire civil.

- Ne pas traîner en longueur -

La capacité d'enrichissement d'uranium que conserverait l'Iran est l'un des principaux points de divergence empêchant pour l'heure la conclusion d'un accord.

Le ministre français, Laurent Fabius, a jugé acceptable que Téhéran conserve "quelques centaines" de centrifugeuses, les machines qui réalisent l'enrichissement. L'Iran en possède environ 20.000 aujourd'hui, dont la moitié sont opérationnelles, selon le décompte de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organe spécialisé de l'ONU.

L'Iran est prêt de son côté à modifier les plans de son réacteur à eau lourde en construction à Arak, près de Téhéran, en vue de garantir qu'il ne pourra pas produire de plutonium - l'autre combustible possible d'une bombe nucléaire, au côté de l'uranium hautement enrichi.

Téhéran refuse en revanche de mettre sur la table son programme de missiles - les vecteurs possibles d'une bombe - en arguant que cette capacité balistique est une question de défense nationale, et non de politique nucléaire.

Les discussions pourraient, d'un commun accord, être prolongées pendant six mois. Mais ni l'Iran, ni le 5+1 ne veulent, à ce stade, envisager publiquement cette solution.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a prévenu au contraire les Iraniens que "les Etats-Unis et leurs partenaires n'accepteront aucune prolongation si c'est pour faire traîner les négociations en longueur".

cs-bur/pt