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03/07/2014 02:32 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Mondial-2014/France-Allemagne: les clés du match

Les duels entre joueurs ne seront pas les seuls éléments déterminants du quart de finale du Mondial entre la France et l'Allemagne. Analyse en trois points des clés du match qui se déroulera vendredi au prestigieux Maracana de Rio de Janeiro.

La tactique: France-PSG vs Allemagne-Bayern

Ce sont deux équipes sous légère influence qui s'affrontent. Depuis le 19 novembre 2013 et l'exploit en barrage retour contre l'Ukraine (3-0), une nouvelle équipe de France est née et un système a été restauré, le 4-3-3, déjà testé sans succès au début du mandat de Deschamps. L'urgence de la situation à la fin de l'automne a coïncidé avec la période irrésistible du Paris SG de Laurent Blanc. A ce moment-là, le PSG brille avec un milieu de terrain composé d'une sentinelle, Motta, et deux relayeurs, Verratti et Matuidi. C'est l'apport inestimable de ce dernier dans un registre "box to box" (surface à surface) que Deschamps va reprendre à son compte en y ajoutant son pendant à droite, Paul Pogba. Si le schéma de Deschamps demeure immuable, l'animation, elle, change selon qu'il positionne Giroud, Griezmann voire Sissoko aux avants-postes.

Du côté allemand, Löw varie également, fort d'une pléthore de talents aux styles et aux complémentarités différentes. Lui aussi n'a pas hésité à s'inspirer d'options de confrères, en l'occurrence Pep Guardiola, qui entraîne le Bayern Munich où évolue la grande majorité de ses joueurs. Ainsi l'arrière droit Lahm se retrouve de plus en plus au milieu de terrain, où il peut côtoyer comme au Bayern Kroos et Schweinsteiger. En revanche, le jeu allemand est plus direct et moins "toqué-handball" que celui du Barça dont est issu Guardiola. Enfin, reste la capacité de la Mannschaft à évoluer en rouleau-compresseur, très haut et en rythme, jusqu'à laisser un trou béant de parfois 30 ou 40 mètres couvert par le seul Neuer. Le gardien, comparé à Beckenbauer outre-Rhin, est probablement un des meilleurs au pied, mais la prise de risque reste immense.

Le mental: enthousiasme contre l'expérience

Depuis l'exploit contre l'Ukraine, les Bleus semblent marcher sur l'eau. Ils n'ont plus perdu depuis neuf matches (7 victoires, 2 nuls, 26 buts marqués contre 5 encaissés). Leur début de compétition a été spectaculaire et leur emballement plutôt bien contrôlé. La jeunesse du groupe bleu est évidente, mais le manque de vécu est tout relatif, puisque beaucoup jouent dans des grands clubs. Un Varane aussi serein qu'il a su l'être pour remporter à 21 ans la finale de la Ligue des champions n'apparaît pas susceptible d'être intimidé par ce quart. La seule inconnue pour les Bleus repose sur leur capacité de réaction quand les choses se présentent mal, s'ils viennent à être menés au score par exemple. Se déterminera alors leur capacité de réaction. Quant au spectre des échecs de 1982 et 1986, il ne signifie pas grand-chose pour ces joueurs, puisque certains n'étaient même pas nés à l'époque.

Idem du côté allemand, les victoires passées contre la France sont trop loin pour y puiser un quelconque avantage psychologique. Cette génération façonnée par Joachim Löw doit qui plus est encore écrire sa propre histoire. Rarement l'Allemagne a été aussi talentueuse et plaisante à voir que depuis la prise de fonction de "Jogi", successeur de Jurgen Klinsmann en 2006. Pourtant cette révolution ne s'est pas encore traduite par un trophée. Finaliste de l'Euro-2008, demi-finaliste du Mondial-2010 et de l'Euro-2012, la Nationalmannschaft ne serait-elle plus une tueuse ? Toujours est-il que la génération emmenée par Lahm et Schweinsteiger peut s'appuyer sur une très solide expérience collective.

Le physique: qui sera le plus frais ?

La chaleur, après presque trois semaines de compétition autour des 30 degrés, a obligé les joueurs a déjà énormément puisé dans leurs réserves. Empruntés en première période contre le Nigeria pour leur premier match à 13h00, les Bleus ont fini plus fort. Mais Varane, sonné après un ballon pris dans la tempe en seconde période, a été ensuite déshydraté et a fini la nuit à l'hôpital. On ne sait pas comment le joueur, déjà victime d'une gastro-entérite, va finir ce Mondial. Comme Sakho est diminué par une élongation à la cuisse gauche, c'est la charnière centrale qui inquiète.

Les Allemands ont déjà joué à 13h00 leurs deux premiers matches de groupe F contre le Portugal (4-0) et le Ghana (2-2), respectivement à Fortaleza et surtout à Recife, où le taux d'humidité a dépassé les 70%. A Rio, il sera d'environ 50%. Ces données n'ont donc pas de quoi les effrayer. En revanche, la prolongation de 30 minutes qu'ils n'avaient pas forcément prévue contre l'Algérie (2-1 a.p.) pourrait peser dans les jambes. Enfin, bluff ou pas bluff ? Löw a affirmé que sept joueurs étaient "en quelque sorte légèrement grippés", sans préciser les noms des concernés.

nip/fbx