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03/07/2014 05:54 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Mondial-2014: le supporteur allemand qui soutient la France

A quelques heures du quart de finale France-Allemagne à Rio, un étrange supporteur allemand se promène sur la plage de Copacabana avec le maillot de l'équipe de France de 1982, celle du "carré magique" Platini, Tigana, Giresse et Genghini...

Celle-là même qui avait été éliminée par l'Allemagne à Séville lors d'une demi-finale dramatique marquée par l'agression du gardien allemand Harald Schumacher contre le joueur français Patrick Battiston.

Ce supporteur, Sedat Aslan, un Allemand d'origine turque, porte aussi régulièrement un tee-shirt à l'effigie de son idole, Zinédine Zidane.

"J'aime l'équipe de France. Quand j'avais 16-17 ans, la France était la meilleure équipe", s'est confié à l'AFP ce réalisateur de 35 ans né à Weinheim, près de Heildelberg, de parents turcs.

La semaine dernière, pour le match France-Equateur en 8e de finale, Sedat a chanté même la Marseillaise et crié "Allez les Bleus!" dans les tribunes du stade Maracana de Rio de Janeiro, au milieu de supporteurs français qui étaient loin d'imaginer sa nationalité.

"Quand j'étais petit, je cherchais une équipe à supporter, explique-t-il. Je ne supporte pas vraiment l'équipe d'Allemagne même si je suis né dans ce pays, que j'y ai grandi. A cette époque, les étrangers n'étaient pas vraiment acceptés en Allemagne. Ma famille vient de Turquie, elle n'était pas vraiment intégrée, donc, c'était bizarre pour moi de supporter l'équipe d'Allemagne."

A l'adolescence, le fait de supporter la France devient une démarche "politique": il admire l'équipe métissée "black-blanc-beur" qui remporte le Mondial-1998 en France.

"La France a été capable de former des joueurs aux origines multiples dont les parents venaient d'Algérie avec Zidane, d'Arménie, avec Djorkaeff. Il y avait des joueurs d'origine africaine ou autres pays à travers le monde", dit-il.

Pour lui, "c'est ce qui a manqué à l'Allemagne jusqu'en 2010". Sedat se réjouit de la présence aujourd'hui dans l'équipe des milieux de terrain Sami Khedira et Mesut Ozil, comme lui d'origine turque.

Pour le France-Allemagne de vendredi, il se dit quand même partagé: "Je ne sais pas vraiment qui supporter. Je pense que quand la France marquera un but, je sauterai de joie, et que quand l'Allemagne marquera, je sauterai de joie aussi..."

Ses amis allemands n'ont aucun problème avec sa passion pour l'équipe de France assure-t-il: "Ils me connaissent depuis tout petit et ils l'acceptent".

cdo/pal/sk