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03/07/2014 09:13 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - France-Allemagne - Schumacher: "Nous avons bu du vin ensemble..."

Harald Schumacher, le gardien de but de l'Allemagne lors de la demi-finale du Mondial-82 remportée face à la France (3-3, 5 t.a.b. à 4) à Séville, souligne dans un entretien à l'agence SID, filiale de l'AFP, qu'il entretient des rapports cordiaux avec ses anciens adversaires français.

Q: Comment en tant qu'ancien gardien international de premier plan évaluez-vous la performance de Manuel Neuer, qui se distingue avec l'équipe d'Allemagne lors de ce Mondial?

R: "J'adore. En toute modestie c'était aussi ma manière de jouer: se tenir loin des cages, intercepter les longues passes tendues vers l'avant, relancer toujours rapidement jusqu'à la ligne médiane. C'est la raison pour laquelle j'aime cela chez lui. Mais il faut veiller à ne pas trop lui en demander. Lors de phases de jeu comme contre l'Algérie (en 8e de finale, 2-1 a.p.) il se peut que tu arrives une fraction de seconde trop tard. Et là il se produit ce qu'il s'est passé avec moi et Patrick Battiston en 1982. Une collision survient et tu peux perdre ton gardien avec un carton rouge et même encaisser un but".

Q: A propos du prochain match, le quart de finale vendredi contre le France, certains joueurs de 1982 se sont exprimés en terme critiques ces derniers jours. Battiston a indiqué qu'il y avait peu de chances que vous deveniez amis et Maxime Bossis a parlé de "venger Séville". Que cela vous inspire-t-il?

R: "Cela me surprend beaucoup. Il y a un an lors du match amical (France-Allemagne le 6 février 2013 au stade de France, ndlr) j'ai rencontré tous ces joueurs et l'entraîneur de l'époque (Michel Hidalgo, ndlr) et personne n'a parlé de la sorte. Nous avons eu un repas et bu du vin ensemble. 1982 n'a absolument pas été évoqué. Si Battiston dit qu'il y a peu de chances que nous devenions amis, je lui laisse la responsabilité de ses propos. Pour moi, dans toute cette affaire Battiston, il y a une scène importante: lorsque je me suis excusé. Il a accepté mes excuses et l'affaire était ensuite réglée pour lui comme pour moi. Mais les médias allemands et français veulent toujours et encore qu'on reparle de cette histoire".

Q: Redoutez-vous que cette histoire vieille de 32 ans puisse influer sur le match de vendredi?

R: "Les joueurs d'aujourd'hui n'étaient même pas nés à l'époque. De la même manière que les joueurs algériens (sortis par l'Allemagne lundi au Brésil, ndlr) n'étaient pas nés en 1982 (lorsque l'Allemagne et l'Autriche s'étaient arrangées pour éliminer l'Algérie). Il ne faut pas toujours essayer de construire artificiellement des histoires avec ça. Vous ne pensez tout de même pas que le moindre joueur allemand va devenir nerveux à cause de ça!"

Q: Qu'attendez-vous alors du quart de finale France-Allemagne?

R: "Les Français ont connu un Mondial-2010 catastrophique. Ils ont ensuite décidé d'opérer une rupture, ce qui s'est révélé la meilleure des décisions. Ils ont formé de nombreux jeunes joueurs et avec Didier Deschamps ils ont un entraîneur pour qui la discipline joue un rôle très important. Les Français sont donc capables de réaliser quelque chose. Toutefois leur jeu nous convient mieux que celui des Algériens. Les Français essaient à partir des lignes arrières de combiner et de peser sur le jeu."

Q: Votre pronostic?

R: "Je pense que nous allons gagner de justesse. Mais un 2-1 suffit amplement. Nous serions ainsi pleinement lancés."

Propos recueillis par l'agence SID

sid-pga/dhe