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03/07/2014 06:00 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Costa Rica: Keylor Navas, la bonne affaire

Combien faut-il débourser pour s'offrir un grand gardien? Pas forcément les 20 ou 30 millions que vaudraient un Neuer ou un Courtois, mais seulement 10 dans le cas de Keylor Navas, l'un des artisans majeurs de l'étonnant parcours du Costa Rica au Mondial.

Navas appartient au Levante, le deuxième club de Valence, jusqu'au mois de juin prochain, mais possède dans son contrat une clause libératoire fixée à 10 millions d'euros, une somme relativement modeste pour un joueur de sa trempe et que de nombreux clubs huppés semblent disposés à mettre sur le tapis.

Selon les dernières rumeurs, l'Atletico Madrid, à la recherche d'un remplaçant pour Thibaut Courtois, se serait mis sur les rangs, comme plusieurs clubs de Premier League anglaise.

Navas, lui, fait comme si de rien n'était et affirme qu'"il y a des choses plus importantes en ce moment", c'est-à-dire le parcours historique du Costa Rica, qualifié pour la première fois pour les quarts de finale du Mondial, et le choc à venir contre les Pays-Bas, samedi à Salvador de Bahia, auquel il devrait participer malgré une douleur à une épaule.

Si les "Ticos" sont encore en course, c'est en grande partie grâce aux exploits de leur portier. En quatre matches, Navas n'a encaissé que deux buts, dont un sur un penalty de Cavani lors de la victoire initiale sur l'Uruguay (3-1).

Sa performance contre la Grèce, battue aux tirs au but sur un arrêt de Navas après avoir joué en supériorité numérique pendant près d'une heure, a été saluée comme un chef d'oeuvre jusque dans le camp adverse.

- Explosif, rapide, bon dans les duels -

"Il a été le grand homme de la soirée. Il a évité trois ou quatre buts sur des occasions très franches. Il a été la star. Sans lui, le résultat aurait été différent", a reconnu admiratif le sélectionneur portugais de la Grèce, Fernando Santos.

Pas très grand (1,85 m) pour son poste par rapport aux stars de la spécialité, mais doté d'excellents réflexes, d'un sang-froid irréprochable dans les moments-clé et d'un courage précieux dans les duels, ce gardien de 27 ans fait penser à l'Espagnol Iker Casillas, celui de la grande époque bien entendu.

Au Costa Rica, c'est plutôt la comparaison avec l'ancien gardien de la "Sele" Luis Gabelo Conejo qui s'impose. Ce joueur, désormais passé dans l'encadrement de l'équipe nationale, avait multiplié les exploits au Mondial-90 en Italie, au point que France Football l'avait désigné meilleur gardien de la compétition, à égalité avec l'Italien Zenga. Les Costariciens l'avaient surnommé "Le lapin (conejo) qui porte bonheur", en référence aux propriétés supposées de la patte de ce mammifère.

Ravi d'avoir trouvé un digne héritier, Gabelo Conejo ne tarit pas d'éloges sur Navas. "Il est explosif, rapide, bon dans les duels. Il n'y a pas beaucoup de joueurs qui possèdent ces qualités-là dans le football européen", dit l'ancien, comme pour pronostiquer l'arrivée de Navas dans un grand club une fois le Mondial terminé.

En attendant, le petit pays d'Amérique central et son gardien vedette ont bien l'intention de jouer leur chance à fond contre les Pays-Bas.

"Ils sont favoris à cause de leurs antécédents. Mais dans un match tout peut arriver. Nous devons croire en nos chances, avec prudence et respect mais sans crainte", dit Navas, en pleine confiance après les victoires sur l'Uruguay, l'Italie et la Grèce.

"Personne ne pariait sur nous, tout le monde pensait que nous allions perdre dès le premier tour, sans le moindre point et après avoir encaissé beaucoup de buts. Ca nous a aidés et motivés. Nous croyons en nous-mêmes comme nous y avons toujours cru".

dr-fbx/dhe