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03/07/2014 01:00 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

L'Irak aura besoin de davantage d'aide étrangère contre les insurgés (Pentagone)

Les forces irakiennes vont probablement avoir besoin de davantage d'aide étrangère pour reconquérir les territoires contrôlés par les insurgés sunnites de l'Etat islamique (EI), a affirmé jeudi le plus haut gradé américain.

"Si vous me demandez si les Irakiens seront capables de repousser l'offensive et de reconquérir les territoires perdus en Irak (...) probablement pas tout seuls", a déclaré le général Martin Dempsey.

Les conseillers militaires américains envoyés en renfort sur place estiment que les forces irakiennes "sont en mesure de défendre Bagdad, (mais) elles éprouveraient des difficultés à passer à l'offensive en raison de problèmes logistiques", a-t-il dit.

Mais les difficultés de l'armée irakienne ne signifient pas forcément que les Etats-Unis vont lancer une intervention militaire. "Je ne suis pas en train de dire que c'est cette direction qui est prise", a précisé le général.

Une campagne militaire irakienne contre les insurgés va prendre du temps et devra être accompagnée de signaux clairs de la part du gouvernement irakien, dominé par les chiites à Bagdad, pour tendre la main aux communautés sunnites et kurdes, a souligné le responsable militaire.

La première étape d'une telle campagne, "c'est d'avoir un partenaire irakien fiable qui est prêt à doter son pays d'un projet auquel tous les Irakiens sont désireux de participer", a-t-il dit.

"Si la réponse à cela est +non+, alors l'avenir est plutôt sombre", a ajouté le général Dempsey.

Les Etats-Unis, qui ont quitté l'Irak en 2011, après 8 ans et demi de guerre, ont envoyé pour leur part plus de 200 conseillers militaires pour aider l'armée irakienne. Ils ont en outre déployé quelque 500 militaires à Bagdad pour renforcer la sécurité de leur ambassade et de l'aéroport.

Les conseillers sont basés à Bagdad, mais aussi à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, a encore indiqué le général Dempsey.

Leur rôle est "très différent" de celui des forces américaines entre 2003 et 2011.

"L'évaluation, le conseil et l'aide n'ont rien à voir avec l'offensive et la mise en déroute" de troupes ennemies, a souligné le haut gradé.

Cette posture de l'armée américaine pourrait toutefois être amenée à changer si la menace posée par l'EI, qui contrôle désormais de vastes pans du Nord et de l'Ouest de l'Irak, poussait le président Barack Obama à passer à l'offensive.

Mais "nous n'en sommes pas encore là", a précisé Martin Dempsey.

Les insurgés de l'EI, qui ont proclamé le 29 juin un califat sur les territoires qu'ils contrôlent à cheval sur la Syrie et l'Irak, se sont emparés jeudi du grand champ pétrolier d'Al-Omar dans l'Est de la Syrie, asseyant encore un peu plus son autorité sur cette zone.

Dans le Nord du pays, le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani a demandé jeudi à son Parlement d'organiser un référendum d'indépendance, poussant un peu plus le pays vers l'implosion alors que le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki multiplie les gestes conciliants envers la minorité sunnite.

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