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03/07/2014 11:16 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Les Syriennes, victimes du régime et de groupes rebelles (HRW)

En trois ans de conflit, les Syriennes ont subi des arrestations arbitraires, des tortures, du harcèlement et des discriminations, tant du régime que de certains groupes rebelles, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié jeudi.

"Les femmes n'ont été épargnées par aucun aspect de la brutalité du conflit", affirme Liesl Gerntholtz, directrice de HRW en charge du droits des Femmes.

Selon un communiqué accompagnant le rapport, "les femmes ont été arrêtées de façon arbitraire et emprisonnées, elles ont subi des abus physiques, elles ont été harcelées et torturées par les forces du gouvernement, par les milices pro-gouvernement et par des groupes armés opposés au gouvernement".

HRW s'appuie sur des témoignages de femmes réfugiées en Turquie, où des centaines de milliers de Syriens ont fui les combats qui font rage depuis que la révolte pacifique commencée en mars 2011 s'est transformée en un conflit complexe qui a déjà fait plus de 162.000 morts.

Maisa, une journaliste pro-opposition de 30 ans, a ainsi été arrêtée par les forces gouvernementales en 2013 à Damas.

Durant toute une nuit, "ils m'ont frappée au visage, m'ont tirée par les cheveux, m'ont frappée sur les pieds, sur le dos, partout", a-t-elle témoigné.

Plusieurs groupes de défense des droits de l'Homme ont déjà fait état à de nombreuses reprises de cas de torture et de mauvais traitements dans les prisons du régime.

Mais les groupes d'opposition ont aussi commis des abus envers les femmes et imposé "des lois discriminatoires", restreignant la liberté vestimentaire et de circulation, souligne HRW.

Berivan, une jeune Kurde syrienne de 24 ans, a ainsi été détenue 10 jours par un groupe islamiste dans le sud de Damas.

Une fois relâchée, elle a été menacée par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) parce qu'elle ne portait pas l'abaya. "Si nous te voyons encore une fois ainsi, nous te tuerons. Si nous te voyons dans ce quartier, nous te pendrons", lui a lancé un combattant de l'EI.

"La communauté internationale doit demander des comptes au gouvernement et aux groupes armés pour les abus commis contre les femmes et les filles", a insisté HRW.

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