NOUVELLES
03/07/2014 07:16 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Le prix de l'ivoire africain a triplé en Chine (ONG)

Le prix de l'ivoire provenant des éléphants tués par des braconniers en Afrique a triplé depuis quatre ans sur son plus gros marché mondial, la Chine, a rapporté jeudi l'ONG Save the Elephants (Sauvez les éléphants).

"La hausse du prix de l'ivoire entraîne une vague d'abattage d'éléphants à travers l'Afrique qui ne semble pas devoir diminuer", a averti dans un rapport l'organisation écologiste dont le siège est au Kenya.

"Le prix de l'ivoire n'est en Afrique qu'un dixième de ce qu'il atteint en Chine, ce qui génère des bénéfices considérables pour le crime organisé, alimente l'insécurité et la corruption et prive les communautés locales de précieux revenus", a ajouté Save the Elephants.

Selon l'ONG, le prix de vente de l'ivoire brut en Chine a bondi de 750 dollars (550 euros) le kilo en 2010 à 2.100 dollars (1.540 euros) en 2014.

Save the Elephants estime que 33.000 éléphants par an ont été tués par des braconniers entre 2010 et 2012.

"Sans action internationale concertée pour réduire la demande d'ivoire, les mesures pour diminuer le nombre d'éléphants tués seront sans effet", a déclaré le fondateur de l'ONG, Iain Douglas-Hamilton.

"La Chine détient la clé de l'avenir de l'éléphant d'Afrique", a-t-il dit.

L'organisation relève aussi qu'en Afrique les villes de Lagos, au Nigeria, et de Luanda, en Angola, sont celles où le plus grand nombre de bijoux en ivoire sont en vente libre.

En dépit d'une légère réduction du nombre d'éléphants tués chaque année par des braconniers, la survie en Afrique du plus gros mammifère terrestre reste menacée, a déclaré le mois dernier la CITES, une organisation internationale s'occupant de la protection des espèces en danger.

Au début du XXe siècle, il y avait 20 millions d'éléphants en Afrique. Leur nombre est tombé à 1,2 million en 1980 et tourne autour de 500.000 actuellement, bien que le commerce d'ivoire ait été interdit en 1989, selon la CITES.

Les volumes d'ivoire en vente en Thaïlande, en augmentation, prouvent l'entrée sur le marché d'ivoire africain, a dénoncé mercredi l'organisation Traffic, appelant le royaume à agir contre ce commerce qui encourage le massacre des éléphants d'Afrique.

Une autre ONG, Traffic, avait dénoncé en début de semaine l'utilisation de la Thaïlande, où le commerce de l'ivoire des éléphants domestiques est autorisé, pour vendre de l'ivoire africaine.

Ce marché est encouragé notamment par la demande des touristes chinois. Il est accusé d'être une faille à l'embargo sur le commerce international de l'ivoire, car il permet aux trafiquants d'écouler sans encombre leur marchandise africaine, impossible à différencier visuellement de celle venant des éléphants d'Asie.

pjm/er/jlb/sd