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03/07/2014 06:05 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

Hommage à la fin du militarisme allemand lors d'une commémoration de 14-18 au Bundestag

Le président du Bundestag Norbert Lammert et l'historien français d'origine allemande Alfred Grosser ont salué la fin du militarisme en Allemagne, lors d'une commémoration jeudi du centenaire de la Première Guerre mondiale au parlement allemand.

"Nous avons appris bien après que les mesures militaires ne sont pas un moyen approprié pour obtenir des changements politiques", a lancé M. Lammert, dans un discours tirant les leçons de 14-18.

Il a souligné que "la République fédérale d'Allemagne a été le premier pays du monde à retenir dans sa Constitution comme un droit fondamental le refus de faire la guerre".

M. Grosser a quant à lui souligné "la grande place" de l'armée dans l'Allemagne d'il y a 100 ans. "La défaite totale" de 1945 a laissé place à une "Allemagne totalement différente", a-t-il continué, lançant aux parlementaires qu'ils pouvaient être "fiers de leur patrie qui repose aujourd'hui sur les valeurs d'unité, de droit et de liberté, contrairement à 1914".

M. Grosser, né à Francfort en 1925 dans une famille juive allemande qui a fui en France après l'arrivée au pouvoir des nazis, était le principal orateur de cette cérémonie, à laquelle assistaient notamment la chancelière Angela Merkel, le président Joachim Gauck et l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing.

Chantre depuis des décennies de l'amitié franco-allemande, M. Grosser a évoqué un souvenir très personnel pour décrire l'importance de "l'ancien combattant" de la Grande Guerre en France.

Quelques mois après son arrivée enfant à Saint-Germain-en-Laye, en banlieue parisienne, son père était décédé. Un électricien, venu réclamer le paiement de facture à la mère d'Alfred Grosser, a alors décidé de lui faire crédit aussi longtemps que nécessaire, car comme son époux il était "ancien combattant".

"Il n'était certes pas du même côté que moi, mais 'ancien combattant', c'est 'ancien combatant', vous payez quand vous pouvez", avait-il dit à ma mère, s'est rappelé Grosser. "Ce fut une expérience émouvante de notre accueil en tant qu'émigrés".

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