NOUVELLES
03/07/2014 08:27 EDT | Actualisé 02/09/2014 05:12 EDT

De nouveaux affrontements sectaires en Birmanie font deux morts et 14 blessés

RANGOON, Myanmar - Au moins deux personnes ont été tuées et 14 autres blessées en Birmanie dans la nuit de mercredi à jeudi, quand des bouddhistes en colère ont déferlé à bord de motos dans les rues de la ville de Mandalay.

Les autorités ont réagi en imposant un couvre-feu entre 21 h et 5 h. Les rassemblements de plus de cinq personnes ont aussi été interdits.

Un musulman qui se rendait à la mosquée avant l'aube, jeudi, aurait été attaqué et tué par la foule. La deuxième victime serait un bouddhiste, mais la cause de son décès demeure nébuleuse.

Un résidant de Mandalay a indiqué que plus d'une centaines de motos ont circulé dans les rues mercredi soir. Les manifestants auraient lancé des pierres contre les mosquées, crié des injures et chanté l'hymne national birman pour narguer les musulmans.

Quatre personnes ont été arrêtées, mais la police a essuyé des critiques pour avoir été incapable de contrôler la foule birmane.

Lors d'une entrevue accordée à Radio Free Asia, la lauréate birmane du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi a prévenu que la violence à Mandalay pourrait se détériorer si les autorités n'imposent pas de mesures de sécurité musclées.

«Si les autorités ne font pas fortement respecter la primauté du droit, alors la violence augmentera», a-t-elle dit. Elle a ajouté que des informations inflammatoires qui circulent sur les réseaux sociaux alimentent l'instabilité, un point de vue partagé par le chef de la police de Mandalay, le colonel Zaw Win Aung.

De son côté, le président birman Thein Sein a lancé un appel à la stabilité au moment où le pays chemine vers la démocratie après 50 ans de dictature militaire, sans toutefois mentionner Mandalay spécifiquement.

«Pour que les réformes réussissent, je demande à tous d'éviter les comportements qui incitent à la haine de nos concitoyens», a-t-il déclaré à la radio.

Mandalay, au coeur de la Birmanie, est la deuxième plus grande ville du pays et un important centre économique où bouddhistes et musulmans cohabitent normalement pacifiquement. Une rumeur selon laquelle un commerçant musulman avait violé une bouddhiste a mis le feu aux poudres, mardi soir.

Les violences entre musulmans et bouddhistes ont fait quelque 280 morts depuis 2012. Environ 140 000 personnes ont été chassées de chez elles, essentiellement des musulmans attaqués par des extrémistes bouddhistes. La violence a surtout touché l'État de Rakhine, dans l'ouest du pays.