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17/06/2014 07:57 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Yémen: raids de l'armée de l'air sur des positions rebelles près de Sanaa

L'armée de l'air yéménite a bombardé mardi des positions des rebelles chiites dans la province d'Amrane, au nord de Sanaa, où l'armée est prise pour cible depuis l'effondrement d'une trêve il y a trois jours, selon des sources militaire et locale.

Les raids ont visé les positions des rebelles d'Ansarallah, ou houthis, à Salata, Sahab et Beni Maymoun, au pied du Mont al-Dhine, tenu par l'armée.

La région est au centre d'un bras de fer avec les rebelles qui veulent en prendre le contrôle en raison de sa position stratégique sur la route Amrane/Sanaa, a indiqué à l'AFP une source militaire.

"Les raids aériens sont destinés à réduire la pression sur les positions de l'armée au Mont al-Dhine, qui subissent depuis trois jours des attaques répétées de la part des houthis et de leurs alliés tribaux", a ajouté la même source, sans pouvoir fournir de bilan dans l'immédiat.

Mais des sources locale et tribales ont indiqué à l'AFP que les hostilités avaient fait ces derniers jours "des dizaines de morts dans les deux camps", témoignant de l'intensité des combats qui ont repris après la rupture dimanche d'une trêve.

Cette trêve avait été conclue le 4 juin au lendemain d'une série de raids de l'armée pour déloger les rebelles d'une position qui commande la route vers Sanaa.

Cette route était mardi bloquée par les insurgés d'Ansarullah et leurs alliés tribaux, qui ont saboté dans la nuit le réseau électrique, privant de courant Amrane et la province voisine de Hajjah, selon un responsable local et des sources tribales.

Les rebelles chiites d'Ansarullah sont fortement implantés dans le nord du pays et contrôlent la province de Saada. Ils sont soupçonnés de chercher à gagner du terrain pour élargir leur zone d'influence dans le futur Etat fédéral, qui doit compter six provinces.

Ils avaient pris début février, après des affrontements ayant fait 150 morts, certaines localités de la province d'Amrane, en délogeant le clan des Al-Ahmar, les puissants chefs de la confédération tribale des Hached.

La reprise des hostilités vient compliquer davantage la tâche du président Abd Rabbo Mansour Hadi, confronté notamment à une multiplication des attaques d'Al-Qaïda et à une grogne populaire accentuée par les difficultés économiques du pays, le plus pauvre de la Péninsule arabique.

mou/tm/feb