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17/06/2014 02:17 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Mondial-2014 - Suisse: Seferovic a une faim de lion

Entre son but contre Lyon en Ligue des champions et celui de la victoire in extremis de la Suisse sur l'Equateur (2-1) dimanche dans le Mondial-2014, un jeûne dans le désert: Haris Seferovic aura "faim" contre la France vendredi.

"Nous avons des joueurs d'expérience comme Behrami, Inler et Lichtsteiner, et des jeunes, et nous les jeunes, nous avons faim", souligne l'attaquant de 22 ans.

Il s'est déjà mis un but sous la dent: dimanche à Brasilia, il est sorti du banc à la 75e minute à la place du titulaire Drmic et a offert à la "Nati" un précieux succès, à l'arraché, contre l'Equateur dans le temps additionnel (90e+3).

Quel soulagement pour l'équipe d'Ottmar Hitzfeld, menée 1-0 à la pause et qui a réussi à renverser la vapeur. Et pour le buteur lui-même, passé de joueur d'appoint à joueur qui tombe à point.

"J'ai vécu un beau moment, ça donne confiance, avance-t-il. J'étais tout simplement content d'avoir marqué et d'un tel dénouement. Ca nous a permis de franchir un premier obstacle".

En jonglant entre allemand, suisse-allemand, espagnol, italien et anglais, Seferovic s'exprime dans un bar de plage à quelques kilomètres de la station balnéaire de Porto Seguro (nord-est du Brésil) lors d'une rencontre de quatre joueurs avec la presse.

- Varane, Sakho, connais pas -

Le cadre est somptueux et l'ambiance bon enfant: des cocotiers, la plage de sable fin, quelques supporters qui lancent de temps en temps "Hopp Schwiiz!" (allez la Suisse), des vacanciers brésiliens, femmes et enfants... La sueur perle sur le front de l'attaquant. Lui reste très sérieux, très concentré.

La Coupe du monde des moins de 17 ans en 2009 l'avait estampillé grand espoir, puisqu'il avait marqué le but de la victoire en finale contre le Nigeria (1-0), pays-hôte, et fini meilleur buteur du tournoi (ex aequo avec trois autres joueurs).

Maintenant, c'est "le Mondial des grands", comme il dit, et sa deuxième chance, voire celle de sa vie. Il joue gros.

"Les derniers mois ont été difficiles, je n'ai pas joué autant que je l'aurais souhaité, confie-t-il. Mais maintenant je suis là et je suis prêt pour cette Coupe du monde".

Pour sa première saison à la Real Sociedad, le Suisse a participé à 40 matches toutes compétitions confondues, dont 21 seulement comme titulaire. Pour un total maigrelet de 4 petits buts.

Il avait pourtant démarré par un coup d'éclat, en inscrivant le deuxième but des Basques sur le pelouse de Lyon en barrage aller de la Ligue des champions (2-0), le but du KO pour l'OL, éliminé après la même défaite au retour. Un but inspiré, d'une frappe lointaine.

"Ce but, c'était il y a longtemps, peut-être que les Français ont peur de moi maintenant, je ne sais pas, mais nous devons faire une meilleure performance encore" que face à l'Equateur, soutient-il.

- Griezmann le 'renard' -

Seferovic, qui ne parle pas le français, ne voit dans le rendez-vous contre les Bleus "pas un match spécial, mais un match de Coupe du monde. Ce sera un match très passionnant, contre de très bons joueurs, mais nous l'aborderons comme un match normal".

Les défenseurs centraux Sakho et Varane ? "Je ne les connais pas", lâche-t-il tout de go.

Ce qu'il peut dire des Bleus, c'est "qu'il y aura sûrement plus d'espaces (que face à l'Equateur), parce qu'ils jouent plus. Ils ne veulent pas seulement défendre, ils ont des forces offensives et c'est peut-être leur faiblesse, de trop jouer offensif".

Et le joueur qu'il connaît bien, c'est Griezmann, attaquant français dont la progression continue à la Real Sociedad, couplée au forfait sur blessure de Ribéry, l'a propulsé dans le onze des Bleus.

"Griezmann est un très bon joueur, c'est un renard, rusé, insolent, décrit Seferovic. Il sait où se déplacer, il ne reste pas en place, c'est un joueur auquel nous devons faire attention. Mais nous avons Stéphane (Lichtsteiner, l'arrière droit suisse) qui a de l'expérience et qui saura s'en occuper".

Qui est le plus fort, le lion ou le renard ?

ybl/dhe