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17/06/2014 11:57 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Mauritanie/présidentielle: le pouvoir accuse l'opposition d'acheter le boycott des électeurs

Le porte-parole du président mauritanien sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, a accusé mardi l'opposition, qui appelle à boycotter l'élection présidentielle de samedi, d'acheter des cartes d'identité d'électeurs afin qu'ils n'aillent pas voter.

"Il nous a été rapporté" que l'opposition "procède à des achats de cartes d'identité des électeurs pour influer sur le taux de participation à la présidentielle du 21 juin. Nous dénonçons cette pratique illégale", a déclaré à la presse El-Houssein Ould Ahmed El-Hadi, porte-parole du président Aziz.

"Il s'agit d'une opération à grande échelle", a-t-il affirmé, souhaitant que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) réagisse "avec détermination et sérieux".

"C'est non seulement illégal, mais c'est aussi un acte moralement condamnable en ce sens qu'il empêche des voix de citoyens de s'exprimer librement", a estimé M. Ould Ahmed El-Hadi, en parlant "d'achat de conscience".

Dans un communiqué publié peu après ces déclarations, le Front national pour la démocratie et l'unité (FNDU, opposition radicale) a dénoncé "la légèreté des accusations" du porte-parole.

"La réalité est que le FNDU n'a pas besoin de confisquer les cartes d'identité des citoyens", car "ceux-ci ont démontré eux-mêmes leur désintérêt pour ces élections (...) en s'abstenant de participer à la campagne" qui s'achèvera jeudi soir, indique le communiqué.

Cinq candidats briguent la magistrature suprême, dont le président Aziz, deux chefs de partis de l'opposition modérée, un militant anti-esclavagiste et une femme.

Le président Aziz part grand favori d'un scrutin dont l'enjeu sera essentiellement le taux de participation. Un taux faible pourrait être interprété comme le signe que l'appel de l'opposition à boycotter l'élection a été suivi.

L'opposition radicale dénonce le caractère "dictatorial" du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien général arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en août 2008, puis élu pour un premier mandat de cinq ans en 2009 lors d'un scrutin déjà contesté par l'opposition.

Elle accuse le pouvoir d'avoir organisé cette présidentielle, qualifiée de "mascarade électorale", de manière "unilatérale".

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