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17/06/2014 01:42 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Émanation de monoxyde de carbone: une garderie évacuée à Saint-Eustache

SAINT-EUSTACHE, Qc - Une garderie de Saint-Eustache, dans les Laurentides, a été évacuée, mardi matin, en raison d'une émanation de monoxyde de carbone.

Les 71 enfants qui se trouvaient à la garderie privée subventionnée Les petits explorateurs, située sur le boulevard Industriel, ont tous été transportés à l'hôpital par mesure préventive. Cinq bambins ont été davantage incommodés et ont été pris de vomissements. Une dizaine d'employés ont également fait l'objet d'un suivi à l'hôpital.

Un appareil de nettoyage des planchers serait en cause, selon le service des pompiers de la ville. Rien n'oblige actuellement les garderies à installer des détecteurs de monoxyde de carbone et la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, responsable de ces établissements, a en quelque sorte ouvert la porte à ce débat en disant qu'on apprend de ces situations en essayant de «mettre en place de meilleures mesures».

Vers 10h30, les pompiers ont reçu un appel des ambulanciers qui étaient déjà sur place, à la garderie, et qui soupçonnaient un cas d'empoisonnement au monoxyde de carbone, a expliqué le directeur des pompiers de Saint-Eustache, Charles de Rouville, en conférence de presse en fin d'après-midi.

Les 71 enfants qui se trouvaient à la garderie ont tous été transportés à l'hôpital. Cinq bambins ont été pris de vomissements, deux se sont même évanouis, a indiqué le directeur des services professionnels du CSSS Deux-Montagnes, Alain Turcotte. Une dizaine d'employés ont également fait l'objet d'un suivi à l'hôpital.

La plupart des enfants devaient obtenir leur congé de l'hôpital vers 18h. Aucun des enfants n'a été suffisamment exposé pour subir des séquelles, a assuré la Dre Marie-Claude Lacombe, de la Direction de la santé publique. Tous allaient bien, a indiqué M. Turcotte, mais cinq d'entre eux, plus affectés, devaient être traités à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal.

L'appareil de nettoyage des planchers soupçonné d'être à l'origine de l'empoisonnement aurait servi la veille, lundi, a indiqué la Dre Lacombe. Aucune autre source de monoxyde de carbone n'est présente dans cette garderie, a-t-elle précisé. L'enquête déterminera si l'appareil a été correctement utilisé et si une avarie est survenue.

En conférence de presse à Québec, la ministre Charbonneau a expliqué que rien n'oblige les garderies à installer un détecteur de monoxyde de carbone. Elle n'était pas en mesure d'affirmer si la garderie en cause en avait installé un.

«Il y a eu des vomissements chez quelques enfants, des enfants étaient maussades, les éducatrices ont senti des maux des tête plus violents, c'est tout de suite à ce moment-là qu'on a décidé de mettre en place le processus», a déclaré Mme Charbonneau devant des journalistes au parlement mardi après-midi.

Tous les parents ont été prévenus. Une aide psycho-sociale a été mise en place autant pour les enfants, les éducatrices, que pour les parents.

«Je ne peux imaginer la nouvelle, quand je suis au travail, qu'un enfant est en situation de problème et que la garderie a acheminé l'ensemble des enfants à l'hôpital», a exprimé la ministre pour compatir. Une enquête «plus approfondie» sera menée pour dépister l'origine du monoxyde de carbone, a-t-elle indiqué.

Toutefois, dès l'après-midi, le bâtiment a été aéré et la qualité de l'air était de nouveau jugée conforme.

La ministre s'est bornée à dire que la réglementation actuelle ne prévoit pas l'installation de détecteur de monoxyde de carbone. «Il y a nécessairement, à l'intérieur des règlements, une vérification sur la qualité de l'air, c'est très important. Y a-t-il un terme exact pour le détecteur de monoxyde de carbone? Non. Mais il y a vraiment des règles, la volonté qu'il y ait une qualité de l'air supérieure parce qu'on parle de jeunes enfants.»

Elle a ouvert la porte à une réflexion sur le resserrement des règles en disant que «dans ces situations on apprend» et «on essaie de mettre en place de meilleures mesures».