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17/06/2014 02:47 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Le président Zuma admet le mauvais état économique de l'Afrique du Sud

Le président sud-africain Jacob Zuma, de retour sur la scène publique après dix jours de repos forcé, a admis mardi que l'activité économique de son pays, le plus industrialisé d'Afrique, était à la traîne et a promis d'agir pour atteindre les 5% de croissance en 2019.

"L'économie croît en dessous de son potentiel depuis trois ans et de nombreux ménages traversent des difficultés", a déclaré M. Zuma, confirmant le constat dressé par deux agences de notation financière qui ont dégradé la note de l'Afrique du Sud vendredi.

Si l'économie sud-africaine ne va pas très fort, a-t-il admis, dans ce premier discours sur l'état de la nation prononcé en début de second mandat, c'est en partie pour des raisons mondiales mais aussi pour des raisons internes: "grèves prolongées et parfois violentes, et aussi un approvisionnement en énergie insuffisant".

"Nous avons un objectif de croissance de 5% en 2019. Pour y parvenir, nous allons lancer différentes mesures et interventions pour faire décoller l'économie", a ajouté M. Zuma, qui n'a toutefois fait aucune annonce réelle dans cette allocation devant le parlement.

En préambule de cette intervention laborieuse et ponctuée de fous rires, le chef de l'Etat a répété que l'Afrique du Sud, devenue une démocratie en 1994 avec la fin du régime d'apartheid, devait franchir une nouvelle étape de sa transformation.

"Nous devons nous lancer dans une transformation socio-économique radicale pour relever le triple défi" de la pauvreté, des inégalités et du chômage, a-t-il dit. "L'économie est centrale dans ce programme. Notre conviction est que l'arme la plus efficace (...) est de créer des emplois décents, et cela nécessite une croissance économique plus rapide".

Pour 2014, année plombée par la plus longue crise minière de l'histoire nationale avec la grève des principales mines de platine qui s'éternise depuis janvier, la croissance devrait tomber sous les 2% selon les agences de notation Standard and Poors et Fitch.

Cette dernière a même vu dans la composition du nouveau gouvernement Zuma des raisons supplémentaires de s'inquiéter.

Le président Zuma a été investi en mai pour un second mandat à la tête du pays, après la victoire de l'ANC aux législatives avec 62% des voix.

Victime officiellement d'un coup de fatigue consécutif à la campagne, M. Zuma a été brièvement hospitalisé pour des examens le week-end des 7-8 juin, et a depuis délégué tous ses engagements officiels à son vice-président Cyril Ramaphosa.

Il doit néanmoins se rendre prochainement à un sommet de l'Union africaine.

clr/jmc