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17/06/2014 05:56 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

La Russie demande à l'OSCE de faire pression sur l'Ukraine

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a demandé mardi à l'OSCE de faire pression sur l'Ukraine pour appliquer la feuille de route établie par cette organisation visant à une désescalade sur le terrain.

"Les dirigeants ukrainiens refusent absolument de mettre en oeuvre la feuille de route et nous appelons tous les pays membres de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à exercer des pressions sur les dirigeants de l'Ukraine afin de mettre en oeuvre cette feuille de route", a dit M. Lavrov, en visite à Belgrade, lors d'une conférence de presse en présence de son homologue Ivica Dacic.

Selon l'OSCE, ces recommandations élaborées en mai, "indique une voie pragmatique pour passer d'une logique d'escalade vers une logique de coopération et de renforcement de la stabilité sur le terrain".

M. Dacic a assuré que son pays, qui prendra la présidence de l'OSCE en 2015, "va déployer tous les efforts pour trouver une solution à la crise en Ukraine par voie du dialogue".

Depuis l'éclatement de la crise en Ukraine en novembre 2013, la Serbie - candidate à l'adhésion à l'UE -, marche sur une corde raide tiraillée entre le respect de ses obligations envers Bruxelles et le maintien de bonnes relations avec Moscou.

La Serbie souhaite maintenir une position "neutre" par rapport à la crise ukrainienne et surtout ne pas imposer de sanctions contre la Russie comme l'ont fait l'UE et les Etats-Unis.

"Nous respectons les négociations de la Serbie sur son adhésion à l'UE", a dit M. Lavrov.

"Nous souhaitons adhérer à l'UE, mais la Serbie ne veut et ne sera pas contre la Russie", a assuré, pour sa part, M. Dacic.

Évoquant la construction du tronçon serbe du gazoduc South Stream, M. Lavrov a affirmé, tout comme les autorités serbes la semaine dernière, que le projet se poursuivait.

"Il n'y a aucun changement dans les projets de la Russie et de la Serbie", a-t-il dit.

Quant à la suspension des préparatifs visant au début des travaux en Bulgarie voisine, à la demande de la Commission européenne, le chef de la diplomatie russe à estimé qu'il s'agissait d'un "problème temporaire".

"Il y va de l'intérêt de la Serbie de poursuivre la construction de South Stream, la modernisation de sa compagnie pétrolière et la revitalisation de ses voies ferrées", a, de son côté, affirmé M. Dacic.

Le géant gazier et pétrolier russe Gazprom est le propriétaire majoritaire de la compagnie pétrolière serbe NIS avec 51% des parts.

Alors que la Serbie est à court d'argent, Moscou a octroyé en janvier 2013 un crédit de 800 millions de dollars destinés à la reconstruction de l'infrastructure ferroviaire, puis en avril, un autre prêt de 500 millions de dollars, destiné à aider Belgrade à faire face à son lourd déficit budgétaire.

Arrivé lundi en Serbie, M. Lavrov doit encore s'entretenir avec le Premier ministre Aleksandar Vucic et le président Tomislav Nikolic.

mat-cn/ros