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17/06/2014 03:22 EDT | Actualisé 16/08/2014 05:12 EDT

La police afghane tue deux talibans accusés d'avoir coupé les doigts d'électeurs (ministère)

La police afghane a tué deux talibans accusés d'avoir coupé les doigts d'électeurs pour les punir d'avoir voté au deuxième tour de la présidentielle samedi, a annoncé mardi le ministère de l'Intérieur.

"Un commandant insurgé, le mollah Shir Agha, et un de ses officiers on été tués dans une opération de police hier à Hérat (ouest). Les deux hommes sont accusés d'avoir coupé les doigts marqués à l'encre de 11 électeurs", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Un autre rebelle qui aurait également participé aux mutilations des doigts, que les électeurs devaient tremper dans de l'encre indélébile pour éviter les votes multiples, a été blessé et interpellé par la police, a ajouté le ministère.

La police et l'armée afghane entamé dès samedi des recherches pour retrouver les auteurs de ces forfaits, et les recherches continuent pour essayer de les retrouver tous, précise le ministère.

Le porte-parole de la police de Hérat, Abdul Rauf Ahmadi, a donné un bilan différent de l'opération policière: s'il a confirmé la mort de Shir Agha, il a en revanche indiqué que les deux autres principaux suspects des mutilations avaient pris la fuite.

"Ces talibans" sont poursuivis par la police et "vont payer pour leurs crimes", a-t-il promis.

Le commandement central des talibans, qui avait avant le vote appelé ses combattants à attaquer les élections, a de son côté nié mardi avoir ordonné à leur commandant de couper les doigts des électeurs, dans un message publié sur le site internet de la rébellion.

Jan Kubis, chef de la mission de l'ONU en Afghanistan, avait dénoncé ces actes "odieux" perpétrés contre des personnes qui exerçaient leur "droit fondamental de déterminer le futur de leur pays par le vote et non par la violence et l'intimidation".

Les violences constatées samedi à travers le pays, qui ont fait 46 morts, n'ont pas empêché des millions d'Afghans de se rendre aux urnes pour désigner le successeur d'Hamid Karzaï, le seul homme à avoir dirigé le pays depuis la chute des talibans à la fin 2001.

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