NOUVELLES
17/06/2014 04:15 EDT | Actualisé 16/08/2014 05:12 EDT

Kenya: autre tuerie d'extrémistes après celle de dimanche qui a fait 48 morts

NAIROBI, Kenya - Des sources policières confirment que des extrémistes du groupe al-Shabab ont assassiné dix personnes, dans la nuit de mardi, au Kenya, dans la même région côtière où un massacre avait fait 48 morts dimanche.

Un porte-parole de la police, Masoud Mwinyi, a précisé mardi que la plus récente attaque est survenue dans le village de Majembeni. Le massacre de dimanche, revendiqué par le groupe militant somalien, avait eu lieu dans le village voisin de Mpeketoni, près de la frontière avec la Somalie.

Al-Shabab affirme que la deuxième attaque a coûté la vie à des employés du gouvernement et à des chrétiens. Un dirigeant local, le commissaire Benson Maisori, affirme que les mêmes militants semblent avoir frappé aux deux endroits.

«Le style d'exécution est le même. Ils tranchent la gorge de leurs victimes ou ils leur tirent plusieurs balles dans la tête», a-t-il dit.

Pour justifier la tuerie de dimanche, les militants d'al-Shabab ont expliqué qu'il s'agissait d'une vengeance pour ce qu'ils ont appelé des meurtres sauvages de musulmans commis en Somalie par des forces spéciales du Kenya. Et al-Shabab prévient les touristes de ne pas fréquenter le Kenya.

Dimanche, les assassins ont envahi un hôtel et séparé les hommes des femmes avant de forcer ces dernières à regarder pendant qu'ils exécutaient les hommes. Les militants ont expliqué aux femmes agir de la même façon que les soldats kényans en Somalie.

D'autres témoins ont affirmé que les extrémistes ont exécuté tous les hommes qui ne parlaient pas le somalien ou qui n'étaient pas musulmans.

Mais mardi, le président kényan Uhuru Kenyatta a semé la consternation quand il a profité d'une allocution à la télévision pour déclarer que les militants d'al-Shabab ne sont pas responsables de ces massacres, qu'il impute plutôt à des leaders locaux. Il n'a pas fourni plus de détails, se contentant de déclarer que les responsables de la police avaient été informés d'avance de l'attaque, sans réagir.

Le président a ajouté que certains officiers ont été suspendus et seront poursuivis.

M. Kenyatta a reproché à des leaders politiques de prêcher la notion que certains Kényans sont inférieurs aux autres. Pour sa part, le ministre de l'Intérieur Ole Lenku a annoncé la nomination de nouveaux responsables gouvernementaux et de la sécurité dans la région puisque les militants pourraient avoir profité de l'aide des anciens dirigeants.

Enfin, des leaders musulmans se sont réunis mardi dans la plus grande mosquée de Nairobi pour discuter des événements. Ils ont condamné les crimes sanglants et dit que rien ne pourrait justifier les meurtres.