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17/06/2014 07:23 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

France: émotion et condamnations en France après le lynchage d'un adolescent rom

Un adolescent rom était dans le coma mardi en France après avoir été roué de coups par une douzaine de personnes qui le soupçonnaient de cambriolage, une agression dénoncée avec virulence par le président François Hollande.

"Ces actes sont innommables et injustifiables, ils heurtent tous les principes sur lesquels notre République est fondée", a jugé le chef d'Etat socialiste en exprimant "son indignation" et en demandant que "tout soit engagé pour retrouver les acteurs de cette agression".

Le jeune de 16 ans vivait avec sa famille et d'autres Roms dans une maison désaffectée de Pierrefitte-sur-Seine, une ville de la banlieue nord de Paris. Il a été retrouvé vendredi en fin de soirée, inconscient, dans un chariot de supermarché abandonné près de la Cité des Poètes, un quartier sensible, selon une source policière.

D'après les premiers éléments de l'enquête, il aurait été roué de coups par des personnes qui le soupçonnaient d'avoir cambriolé quelques heures plus tôt l'appartement d'une habitante de cette cité.

"Un groupe de plusieurs personnes est venu le chercher dans le campement et l'a emmené de force", a raconté une autre source policière. L'adolescent aurait alors été séquestré dans une cave, où ses agresseurs l'auraient violemment frappé.

Selon une source proche de l'affaire, "une douzaine de personnes" auraient participé au lynchage. C'est sa mère qui a signalé l'enlèvement à la police.

Grièvement blessé, l'adolescent a été hospitalisé à Paris. "Son pronostic vital est engagé. Il est dans le coma", a précisé une source judiciaire.

- Violences contre Roms en hausse en France -

Le Premier ministre français Manuel Valls a lui aussi condamné "avec une grande fermeté" l'agression "inacceptable" de l'adolescent.

"Manuel Valls condamne avec une grande fermeté l'agression de ce jeune homme et demande que les responsables de cet acte inacceptable soient retrouvés dans les délais les plus rapides pour répondre de leurs actes devant la justice", a indiqué à l'AFP l'entourage du chef du gouvernement.

D'après une source judiciaire, le jeune homme était connu pour des faits de vol. Il avait été interpellé plusieurs fois depuis début juin, a précisé le maire socialiste de Pierrefitte-sur-Seine, Michel Fourcade, qui a fait état d'actes de vandalisme et de vols ces dernières semaines attribués aux Roms par la population.

Dans la maison désaffectée, transformée en campement, où l'adolescent vivait, des ordures étaient visibles en début de semaine. Ion Vardu, un voisin roumain, a expliqué à l'AFP que l'adolescent avait investi le lieu il y a "trois semaines environ" avec quelque 200 autres Roms originaires de Roumanie, tous partis après le drame.

"Ils ont laissé tout ça" en partant "tout de suite", a-t-il raconté en montrant des matelas, des soutiens-gorge, des roues et des emballages alimentaires qui jonchent le sol.

Pour l'organisation SOS Racisme, "ce grave passage à l'acte renvoie à la dégradation alarmante de l'image des citoyens roms ou supposés roms dans notre société et au résultat manifeste des tensions nauséabondes dans lesquelles sont plongés nos concitoyens". "On attend un changement radical de discours et une dénonciation extrêmement claire des violences qui les concernent", a renchéri le président du mouvement antiraciste européen EGAM Benjamin Abtan.

Les violences contre les Roms sont, selon les associations de défense de ces minorités, en augmentation en France.

En octobre 2012 à Marseille (sud de la France), des Roms avaient été chassés de leur campement sous la pression d'habitants hostiles qui avaient brûlé les résidus du camp. En mai 2013, des familles roms avaient été agressées sur une aire d'accueil, à Hellemmes (Nord).

bur/prh/ros