NOUVELLES
17/06/2014 03:38 EDT | Actualisé 16/08/2014 05:12 EDT

France: les cheminots grévistes refusent de désarmer, la réforme ferroviaire à l'Assemblée

En grève depuis une semaine, une partie des cheminots français refusent toujours de désarmer alors que les députés entament mardi l'examen de la réforme ferroviaire à l'origine de la première véritable épreuve sociale pour le gouvernement socialiste.

Les parlementaires doivent se pencher dans l'après-midi sur le texte de loi qui vise à stabiliser la dette de 44 milliards d'euros du secteur ferroviaire et à préparer son ouverture totale à la concurrence.

Pour ce faire, le texte prévoit de regrouper dans une holding publique la Société nationale des chemins de fer (SNCF) et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau. Près de 400 amendements ont été déposés, émanant de tous les groupes politiques.

Face à ce projet, qui a reçu le soutien de syndicats minoritaires, la CGT, leader à la SNCF, et SUD-Rail maintiennent la pression malgré une érosion continue du taux de participation au conflit, qui est d'ores et déjà le plus long qu'ait connu la SNCF depuis 2010.

Lundi soir, ils ont appelé les cheminots à "faire grandir le rapport de force" après avoir été reçus par la direction de la SNCF qui a jugé "les revendications des cheminots hors-sujet", puisque sans lien avec la réforme ferroviaire qui ne touche aux conditions de travail ou salaire des cheminots.

Des rassemblements sont prévues dans la matinée à Paris et dans toute la France "pour exiger une autre réforme et l'ouverture de négociations", alors que le gouvernement a exclu toute marche arrière.

- un conflit impopulaire -

Bien que suivie, selon la direction, par une minorité de cheminots, la grève a provoqué d'importantes perturbations du trafic ferroviaire, sur les grandes lignes mais aussi en région parisienne, où 3 millions d'usagers transitent chaque jour.

Lundi, le numéro un de la CFDT (réformiste), Laurent Berger, a appelé à l'arrêt d'une grève "inutile", affirmant que "cette réforme est bonne pour le système ferroviaire, pour le service public ferroviaire et aussi pour le cheminots".

Selon un sondage publié mardi dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, plus des trois quarts des Français (76%) se disent opposés au mouvement, qui a déjà coûté 80 millions à la SNCF, selon la direction.

Mardi, le trafic devrait s'améliorer notamment sur les lignes régionales et en région parisienne selon les prévisions de la SNCF. Sur les grandes lignes, 60% des TGV devraient circuler en moyenne. A l'international, la circulation sera normale vers l'Allemagne, mais seulement un TGV sur deux circulera vers l'Italie et la Suisse et un sur trois vers l'Espagne.

Le dispositif exceptionnel mis en place par la compagnie pour venir en aide aux lycéens qui passent les examens du baccalauréat a été maintenu.

Le débat à l'Assemblée est prévu pour durer jusqu'à jeudi.

Le texte prévoit une organisation complexe avec à sa tête un établissement public à caractère industriel (Epic) nommé SNCF, qui chapeautera l'actuelle SNCF ("SNCF Mobilités"), qui exploitera les trains, et "SNCF Réseau", l'actuel Réseau ferré de France (RFF) qui gère l'infrastructure.

Mardi, le patron de la CGT a accusé le gouvernement de "mentir" aux Français sur cette réforme en disant qu"'il s'agit de réunifier la SNCF" alors que, selon lui, "c'est exactement l'inverse".

La droite est apparue divisée sur le texte. Lundi, le secrétaire général intérimaire de l'UMP, Luc Chatel, a créé la surprise en demandant son retrait alors que plusieurs responsables de son parti, comme l'ancien ministre Xavier Bertrand, ont annoncé qu'ils le voteraient.

ds-vdr/bow/alc/ia