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17/06/2014 12:45 EDT | Actualisé 16/08/2014 05:12 EDT

Felipe VI de Bourbon, un roi moderne pour l'Espagne du XXIe siècle

Moderne et discret, Felipe VI de Bourbon a été élevé dans un unique objectif : devenir roi d'Espagne. Un rôle taillé depuis l'enfance, qu'il assume aujourd'hui en prenant, à 46 ans, la succession de son père, Juan Carlos.

Etudes à l'étranger, formation militaire : "Son objectif, son seul objectif, est de servir l'Espagne. Il lui a été inculqué, dans son for intérieur, qu'il doit en être le premier serviteur", a confié un jour sa mère, la reine Sofia.

Sa mission : assurer la continuité d'une monarchie parlementaire instaurée progressivement avec l'arrivée sur le trône en 1975 de Juan Carlos, désigné par le dictateur Francisco Franco comme son successeur.

Son grand défi : convaincre, dans un pays où le soutien populaire à la monarchie a atteint un plus bas historique après une série de scandales qui l'ont cependant épargné, où l'unité nationale est mise à l'épreuve par les séparatismes catalan et basque.

Dans son premier discours de roi, jeudi devant le Parlement, Felipe a affirmé "sa foi dans une Espagne unie", s'engageant à "rénover" la monarchie et à adopter "une conduite intègre, honnête et transparente".

Il est aussi apparu avec la reine Letizia et leurs deux petites filles, multipliant les gestes de complicité et de tendresse, en saluant la foule du balcon central du Palais Royal de Madrid.

Le visage sérieux mais souriant, d'apparence plus réservée que son père, le nouveau roi a longtemps vécu dans l'ombre de Juan Carlos.

Mais les ennuis de santé du roi, qui se sont multipliés depuis le printemps 2010, sa partie de chasse à l'éléphant au Botswana, en avril 2012, très controversée dans une Espagne plongée dans la crise, et le scandale judiciaire qui a éclaboussé sa fille cadette Cristina, ont fait chuter sa popularité.

En même temps, la cote du prince s'est améliorée.

Grand brun aux yeux bleus - il mesure 1,98 m -, l'élégant Felipe s'est attaché à cultiver une image de proximité et de modernité. Un pari auquel a contribué son mariage en 2004 avec Letizia Ortiz, journaliste, divorcée, devenue la première reine d'Espagne n'ayant pas de sang royal.

De leur union sont nées deux petites filles blondes, Leonor, en octobre 2005, devenue à huit ans la nouvelle héritière du trône d'Espagne, et Sofia, en avril 2007.

La famille vit loin du faste, dans une belle demeure bâtie pour Felipe dans le parc du palais de la Zarzuela, résidence du roi d'Espagne, près de Madrid.

La légende dit que Juan Carlos a perdu connaissance à l'annonce de la naissance de son unique fils, le 30 décembre 1968, après celles d'Elena en 1963 et de Cristina en 1965. La famille avait enfin son futur roi, la Constitution espagnole donnant la préférence aux héritiers masculins.

- Un rôle grandissant -

A neuf ans, en 1977, Felipe est nommé prince des Asturies et héritier de la Couronne. Le garçonnet prononce son premier discours devant le Parlement.

Quatre ans plus tard, il prend sa première grande leçon, lors de la tentative de coup d'Etat du colonel Antonio Tejero, le 23 février 1981, qui sacralisera le roi en tant que bouclier de la démocratie espagnole.

Son père appelle le jeune garçon à ses côtés. "Il voulait qu'il soit dans son bureau, avec lui, pour le voir agir", a expliqué la reine Sofia à la journaliste Pilar Urbano, des propos recueillis dans son livre "La Reina".

Après une dernière année de lycée au Canada, Felipe passe, de 1985 à 1988, par les écoles militaires des trois armées. Il étudie le droit à l'Université autonome de Madrid et passe un master de relations internationales à l'Université de Georgetown à Washington.

Au fil des années, il assume un rôle protocolaire grandissant et multiplie les activités publiques, notamment à l'étranger où il peut mettre à profit sa bonne maîtrise de l'anglais.

Il parle aussi catalan, un atout particulier à l'heure où les aspirations à l'indépendance se renforcent dans cette région, qui entend organiser le 9 novembre un référendum pour décider de son avenir.

Pilote d'hélicoptère, amateur de football, le nouveau roi est aussi très sportif, dans la tradition familiale. Il a participé aux jeux Olympiques de Barcelone en 1992, au sein de l'équipe espagnole de voile.

Il a longtemps été considéré comme l'un des héritiers les plus convoités d'Espagne et la Maison royale a observé le silence le plus total sur ses relations sentimentales, jusqu'à ses fiançailles, en novembre 2003, avec Letizia Ortiz.

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