POLITIQUE
17/06/2014 05:39 EDT | Actualisé 17/06/2014 05:41 EDT

Les députés bloquistes lancent un appel au calme

PC

Après la démission de deux membres influents du Bloc québécois, les députés du parti invitent leur nouveau chef Mario Beaulieu à adopter un discours « rassembleur ».

Mario Beaulieu a été élu chef du Bloc québécois, mais 47 % des membres n'ont pas voté pour lui, souligne le député Jean-François Fortin.

« Bien entendu, le chef apporte une couleur à ces principes et une direction politique », admet-il. Mais lors de la prochaine campagne électorale, le chef devra composer avec le programme d'orientation et les conclusions du congrès du parti, qui s'est tenu en mai à Rimouski, a-t-il laissé sous-entendre.

« Je pense qu'il faut laisser retomber la poussière. Il faut qu'il y ait des gestes d'ouverture de la part de Mario Beaulieu. »

— Jean-François Fortin, député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia

M. Fortin fait partie des quatre députés du Bloc québécois qui, contrairement au nouveau chef qui n'a pas été élu par la population, siègent à la Chambre des communes. Les quatre députés n'avaient pas donné leur appui à Mario Beaulieu dans la course à la direction du parti, lui préférant André Bellavance.

Mario Beaulieu, ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste et reconnu comme un souverainiste pur et dur, a finalement été élu par les membres avec 53 % des voix, samedi.

Son accession à la tête du Bloc devrait marquer un tournant majeur, M. Beaulieu insistant pour mettre l'indépendance du Québec au coeur de la stratégie du parti. On lui a notamment reproché d'avoir murmuré « Nous vaincrons », un des slogans du Front de libération du Québec (FLQ), pendant son discours de victoire.

En réaction, Claude Patry, député de Jonquière-Alma, avait indiqué qu'il envisageait de ne pas se représenter aux élections de 2015. Au cours de la fin de semaine, le président de l'association bloquiste d'Hochelaga Jerry Beaudoin a annoncé sa démission, tout comme Bruno Grenier, membre de l'exécutif de l'association bloquiste de Laurier-Saint-Marie.

Claude Patry a finalement annoncé lundi qu'il se ralliait au nouveau chef.

Le candidat défait André Bellavance a également réagi lundi, se disant déçu du résultat de la course à la direction, mais satisfait du taux

de participation de près de 60 %.

Dans l'est du Québec, des membres d'association se disent toujours en réflexion. « À l'automne, il y aura une assemblée générale et il y aura des postes à combler. Vous pouvez lire entre les lignes », affirme Charlotte Verreault, présidente de l'association de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les-Basques.

De son côté, le député de Bas-Richelieu - Nicolet - Bécancour Louis Plamondon a cherché à dédramatiser la situation. « C'est toujours comme ça, une course à la chefferie. Ça laisse des petites marques », a-t-il rappelé.

Un ancien chef évoque la fin du parti

Michel Gauthier, ancien chef et député du Bloc québécois, a affirmé en entrevue à l'émission 24/60 que cette nouvelle direction pourrait bien mener à la fin du parti. « Le Bloc prend toute une tangente... Je n'ai pas hâte de voir comment ça va se terminer cette affaire-là », a-t-il lancé.

« Je suis très déçu et inquiet. C'est un détournement de ce qu'était le Bloc québécois », a-t-il pesté. Selon lui, le rôle du parti n'est pas de déterminer la stratégie référendaire, mais bien de protéger, d'abord et avant tout, les intérêts du Québec à Ottawa.

« Il vise la clientèle de Aussant [Jean-Martin Aussant, fondateur du parti souverainiste Option nationale], ils ont eu 1 % du vote à la dernière élection », a conclu M. Gauthier.

Mission souveraineté

Une rencontre devrait avoir lieu cette semaine entre le nouveau chef et les quatre députés. Un des sujets qui devra être abordé est la proposition que chaque député du Bloc verse une partie de son salaire à la cause souverainiste.

Peu enthousiaste face à cette idée, M. Fortin dit vouloir attendre de voir comment cette proposition serait formalisée. « Ça demeure de toute façon un geste qui est propre à chacun que de donner à une cause », affirme-t-il.

Pour Robert Bouchard, président du Bloc au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le rôle de son parti n'est pas de faire la souveraineté, même s'il se dit lui-même souverainiste. « C'est à lui [Mario Beaulieu] que revient la tâche de travailler pour l'unité, de nous rassembler davantage. »

Pendant ce temps, Mario Beaulieu faisait la tournée des entrevues lundi, déclarant que son parti est « uni plus que jamais ».

Attirer les jeunes

Pendant qu'au sein du Bloc, les rangs se resserrent, le Parti québécois (PQ) se fait discret, à l'exception du député Jean-François Lisée qui a offert ses félicitations sur son blogue au nouveau chef.

L'ex-député péquiste et leader étudiant Léo Bureau-Blouin croit que le PQ devrait s'inspirer un discours de Mario Beaulieu. « Je pense que le fait d'avoir beaucoup masqué la souveraineté, d'avoir été dans les valses-hésitations... Le flou sur la question du référendum a beaucoup nui. »

Selon la militante bloquiste Catherine Founier, le virage du Bloc serait une façon d'attirer les jeunes vers le parti. « Les jeunes, ont est peut-être plus idéalistes. Nous on est peut-être plus facile à mobiliser pour un travail comme ça. »

INOLTRE SU HUFFPOST

Galerie photoLes désirs d'indépendance dans le monde Voyez les images