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17/06/2014 08:22 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Des djihadistes rencontrent une résistance dans le nord de l'Irak (VIDÉO)

HAIDER HAMDANI via Getty Images
Iraqi men raise up weapons and shout slogans as they demonstration in the central Shiite Muslim shrine city of Najaf on June 14, 2014 to show their support for the call to arms by Shiite cleric Grand Ayatollah Ali al-Sistani. Sistani's yesterday call to defend the country against the offensive spearheaded by the jihadist Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) came as US President Barack Obama said he was exploring all options to save Iraq's security forces from collapse. AFP PHOTO / HAIDER HAMDANI (Photo credit should read HAIDER HAMDANI/AFP/Getty Images)

Des djihadistes sunnites ont attaqué un village habité par des Turkmènes de confession chiite dans le nord de l'Irak, mais ont été repoussés, a annoncé mardi la police irakienne.

Les forces de police et une milice locale ont repoussé, après une heure d'affrontements, l'assaut lancé sur le village de Bachir, situé à 15 km au sud de la ville de Kirkouk, indique encore la police.

Le gouvernement du premier ministre chiite Nouri Al-Maliki tente d'enrayer la progression des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) qui se sont emparés d'une grande partie du nord du pays, mais dont l'avancée en direction de Bagdad a ralenti ce week-end.

Les forces de sécurité irakiennes ont également délogé, mardi, de la ville de Bakouba, à 60 km au nord-est de Bagdad, des insurgés qui s'en étaient emparés après une attaque lancée dans la nuit, indiquent des responsables de l'armée et de la police.

À Bakouba, ces affrontements ont fait des dizaines de morts, dont 44 prisonniers qui auraient été abattus par des insurgés, selon le porte-parole du premier ministre, Nouri Al-Maliki. D'autres sources affirment plutôt que ce sont les forces gouvernementales irakiennes qui les ont tués, parce qu'ils tentaient de s'évader. Ces allégations de part et d'autre éveillent le spectre d'atrocités sectaires en Irak, qui en avait été le théâtre par le passé, particulièrement en 2006-2007.

Frappes aériennes possibles

Le président américain, qui a réuni ses proches conseillers lundi soir à la Maison-Blanche pour discuter des options militaires face à la menace des djihadistes, n'a pas pris de décision quant aux modalités d'une intervention.

« Le président va continuer de consulter son équipe de conseillers en sécurité nationale dans les jours à venir », a dit la Maison-Blanche, sans donner de détails.

Le secrétaire d'État américain John Kerry, estimant que l'existence même de l'Irak était menacée, a déclaré lundi que les États-Unis étaient ouverts à des discussions avec l'Iran sur les moyens de contrer l'offensive djihadiste en Irak et n'excluaient pas des frappes aériennes.

Le dossier a été abordé lundi à Vienne, où les États-Unis participaient à une réunion du groupe P5+1 (cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne) sur le programme nucléaire iranien et où la délégation américaine a pu rencontrer des représentants de la République islamique.

Une source proche du dossier a précisé qu'il n'avait pas été question de coordination militaire. Aucune décision d'importance stratégique ne sera prise dans le dos des Irakiens, a encore dit cette source.

Dialogue avec l'Iran

« Nous sommes ouverts au dialogue avec les Iraniens, tout comme nous sommes ouverts au dialogue avec d'autres acteurs importants de la région, sur la menace que l'EIIL (État islamique en Irak et au Levant) fait peser sur l'Irak. La question a été brièvement soulevée en marge de la réunion du P5+1 aujourd'hui à Vienne », a dit un haut responsable américain.

« Ces discussions ne concernent pas une éventuelle coordination militaire ni la prise de décisions stratégiques sur l'avenir de l'Irak dans le dos du peuple irakien », a-t-il ajouté.

Le président américain Barack Obama a averti lundi le Congrès que les États-Unis allaient déployer jusqu'à 275 militaires pour apporter un soutien et renforcer la

sécurité des ressortissants américains présents à Bagdad et protéger l'ambassade américaine.

La volonté de rapprochement avec Téhéran illustre le degré d'inquiétude suscitée par l'offensive de l'EIIL.

Les insurgés sunnites ont pris le contrôle dans la nuit de dimanche à lundi de Tal Afar, ville du nord-ouest de l'Irak peuplée essentiellement de Turkmènes, consolidant ainsi leur emprise sur le Nord.

Un responsable de Tal Afar a fait état de nombreux tués dans les combats pour le contrôle de la ville, située non loin de Mossoul, deuxième métropole d'Irak, qui est entre les mains de l'EIIL depuis mardi dernier.

Tal Afar était défendue par une unité des forces de sécurité irakiennes commandée par un général chiite, Abou Walid, dont les soldats étaient parmi les rares, dans la région de Mossoul, à ne pas avoir fui face à l'avancée rapide des insurgés sunnites.

Camps de fortune

L'ONU a installé de nouveaux camps de fortune pour accueillir les milliers de réfugiés qui fuient les combats dans le nord du pays.

Les Nations unies estiment que près de 300 000 personnes ont fui les combats entre l'armée irakienne et les djihadistes sunnites, et on rapporte des pénuries de nourriture sur les marchés et des pannes d'électricité.

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