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17/06/2014 02:06 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Attaque du consulat américain de Benghazi: un suspect interpellé en Libye

Les Etats-Unis ont arrêté un des responsables présumés de l'attaque meurtrière contre la mission diplomatique américaine de Benghazi en Libye le 11 septembre 2012, qui avait provoqué une vive polémique à Washington.

Le suspect, Ahmed Abou Khattala, a été arrêté dimanche en Libye lors d'un raid des forces américaines qui travaillaient en lien étroit avec des agents du FBI.

Il est actuellement détenu "dans un endroit sûr en dehors de la Libye" et en cours de transfèrement vers les Etats-Unis, a indiqué le Pentagone.

"Il comparaîtra devant la justice où il devra répondre de ses actes", a déclaré le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, a précisé que Ahmed Abou Khattala, "figure clé des attaques contre les bâtiments américains à Benghazi", avait été capturé dimanche.

Tous ceux qui ont participé à cette opération "ont quitté sains et saufs la Libye", a-t-il souligné. Toujours selon le Pentagone, le raid "n'a fait aucune victime civile".

Lors de raids similaires, les Etats-Unis avaient arrêté des suspects qu'ils avaient emmenés à bord de navires américains avant de les ramener aux Etats-Unis par avion, à l'image d'Abou Anas al-Libi, un responsable présumé d'Al-Qaïda capturé l'an dernier en Libye.

"Avec cette opération, les Etats-unis ont une nouvelle fois démontré qu'ils feraient tout leur possible pour que justice soit rendue lorsque l'on s'en prend à des Américains", a réagi Barack Obama.

"Nous poursuivrons nos efforts pour traduire en justice les responsables des attaques de Benghazi", a-t-il ajouté.

L'attaque, qui avait coûté la vie à l'ambassadeur américain Christopher Stevens et trois autres agents, avait déclenché une tempête politique aux Etats-Unis, les républicains accusant la Maison Blanche d'avoir cherché à étouffer le caractère terroriste de l'attaque.

Le ministre de la justice Eric Holder a précisé qu'Ahmed Abou Khattala était actuellement visé par trois chefs d'inculpation, parmi lesquels "meurtre d'une personne au cours d'une attaque contre un établissement fédéral", et que "d'autres pourraient être ajoutés dans les jours à venir".

Il devrait comparaître "dans les jours à venir", selon un porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC).

- Interview au New York Times -

Selon une enquête du New York Times publiée en décembre, Al-Qaïda n'a pas participé directement à l'attaque, qui serait le fait d'assaillants locaux.

Selon le quotidien, Ahmed Abou Khattala était dans la mission américaine au moment de l'attaque. Dans une interview au New York Times en 2012, le chef rebelle avait admis avoir été présent, mais avait nié être le responsable de l'assaut.

L'annonce de sa capture a offert un rare moment d'unité politique sur ce dossier.

"C'est évidemment une bonne nouvelle que ce terroriste soit maintenant entre les mains des Américains et je salue la travail de nos militaires - aidés du FBI - qui a permis sa capture", a simplement commenté le républicain John Boehner, président de la Chambre des représentants.

Depuis l'attaque, les républicains accusent l'administration Obama en général et Hillary Clinton en particulier - elle était au moment des faits à la tête du département d'Etat - d'avoir dissimulé des informations en pleine campagne électorale présidentielle.

L'exécutif avait expliqué dans un premier temps que l'attentat de Benghazi avait été provoqué par la publication d'une vidéo islamophobe sur YouTube --une version rapidement contredite.

Depuis, des milliers de pages de documents internes ont été fournies par l'exécutif au Congrès, mais les républicains restent persuadés que la Maison Blanche n'a pas tout dit et cherchent des preuves d'une manipulation.

Dernière étape en date: début mai, ils ont créé une commission spéciale au Congrès pour enquêter sur cette attaque.

Dans ses mémoires publiées début juin, Hillary Clinton, candidate pressentie à la course à la Maison Blanche en 2016, dénonce avec virulence "ceux qui utilisent sans relâche cette tragédie à des fins politiciennes".

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