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15/06/2014 06:40 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Ukraine : reprise des négociations sur le gaz, journée de deuil

Des négociations sur le gaz entre Russes et Ukrainiens pour éviter une coupure imminente redoutée en Europe devaient reprendre à Kiev à 16H00 GMT dimanche, journée de deuil national en Ukraine après la destruction en vol d'un avion militaire.

Les drapeaux étaient en berne tandis que les chaînes de télévision ont incrusté sur les écrans l'image d'une bougie allumée en hommage aux 49 morts dans l'attaque la plus meurtrière des insurgés prorusses dans l'Est séparatiste depuis le déclenchement en avril d'une opération militaire ukrainienne.

Cette attaque contre un IL-76 à Lougansk a mis à mal l'espoir de détente né ces derniers temps de premiers contacts entre Kiev et Moscou. Samedi soir à Kiev, des manifestants ont décroché le drapeau de l'ambassade de Russie et un cocktail molotov a été jeté sur le bâtiment.

Sur le front énergétique, les négociations prennent désormais l'allure d'une course contre la montre : le géant russe Gazprom a donné jusqu'à lundi 06H00 GMT à Kiev pour rembourser une dette gazière de 1,95 milliard de dollars.

Faute de règlement, il menace de passer à un système de pré-paiement qui pourrait signifier la coupure de l'approvisionnement.

Au passage, les livraisons de gaz russe en direction de l'Europe, dont près de la moitié transitent par le territoire ukrainien, risquent de se trouver affectées, comme pendant les précédents conflits gaziers, en 2006 et 2009.

Mais Kiev refuse la hausse des prix décidée par Moscou après l'arrivée au pouvoir de dirigeants pro-occidentaux fin février, conséquence de la chute du président prorusse Viktor Ianoukovitch : les mille mètres cubes de gaz sont alors passés de 268 à 485 dollars, un prix sans équivalent en Europe.

Une porte-parole du groupe ukrainien Naftogaz a indiqué à l'AFP que les discussions reprendraient à 19H00 heure locale (16H00 GMT) dans un hôtel de la capitale.

Les négociations samedi soir à Kiev entre le président ukrainien de l'Energie, Iouri Prodan, les PDG de Gazprom et de Naftogaz, sous la médiation du commissaire européen à l'Energie Guenther Oettinger, n'avaient pas abouti.

Les discussions se déroulent dans un contexte d'extrêmes tensions après l'attaque de l'avion militaire.

A Kiev, une manifestation de plusieurs centaines de personnes devant l'ambassade de Russie, qui brandissaient des affiches sur lesquelles on pouvait notamment lire "Russie tueuse !", a dégénéré samedi soir.

- Poutine insulté par un ministre -

Un cocktail molotov a été lancé et l'un des manifestants a décroché le drapeau russe, pendant que d'autres jetaient oeufs et pavés, et renversaient des voitures diplomatiques.

La police a annoncé dimanche que trois personnes avaient été arrêtées après ces incidents. La Russie a dénoncé samedi soir l'inaction des forces de l'ordre qui "n'ont rien fait pour protéger l'ambassade (...), ce qui constitue une violation grossière des engagements internationaux de l'Ukraine".

Washington a aussi appelé Kiev à respecter la Convention de Vienne qui l'oblige à assurer la sécurité des bâtiments diplomatiques.

La diffusion d'une vidéo montrant le ministre ukrainien des Affaires étrangères insultant le président russe Vladimir Poutine devant les manifestants a créé une nouvelle polémique.

Sur cette vidéo, on voit le chef de la diplomatie ukrainienne Andrii Dechtchitsa lâcher "Poutine est un connard", afin, selon lui, de calmer la foule en colère. Plusieurs hauts responsables russes ont crié au scandale.

Le président ukrainien pro-occidental Petro Porochenko a pour sa part promis une "réponse adéquate" aux séparatistes après l'attaque contre l'avion, tandis que le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a appelé son homologue américain John Kerry à "user de son influence" sur Kiev pour mettre fin à l'opération militaire dans l'Est qui a fait plus de 300 morts depuis avril.

M. Porochenko avait présenté cette semaine à Vladimir Poutine son plan de paix tandis que se sont déroulées plusieurs phases de pourparlers avec l'ambassadeur de Russie à Kiev depuis l'investiture le 7 juin du nouveau chef de l'Etat ukrainien.

Les Etats-Unis ont de leur côté réaffirmé vendredi que la Russie avait fourni aux insurgés prorusses dans l'est de l'Ukraine des chars et des lance-roquettes, du matériel qui a franchi ces derniers jours la frontière entre les deux pays.

bur-blb/bds

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