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15/06/2014 07:27 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Tony Blair: l'inaction en Syrie à l'origine de la poussée jihadiste en Irak

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a rejeté dimanche l'idée que l'actuelle offensive jihadiste en Irak n'aurait pas eu lieu si Saddam Hussein était toujours au pouvoir, et a estimé que l'inaction occidentale en Syrie était responsable de la crise irakienne.

"Même si Saddam Hussein était resté au pouvoir en 2003, il y aurait ensuite eu 2011 et les révolutions arabes en Tunisie, en Libye, au Yémen, à Bahrain, en Egypte et en Syrie - et vous auriez (de toute façon) un problème majeur en Irak", a-t-il affirmé sur la BBC.

"Vous pouvez voir ce qui se passe lorsque vous laissez les dictateurs en place, comme c'est le cas avec (le président syrien Bachar Al-) Assad actuellement. Les problèmes ne disparaissent pas", a-t-il ajouté.

"La guerre civile en Syrie et la désintégration qui l'a accompagnée a un effet prévisible et pernicieux. L'Irak est maintenant en danger de mort. L'ensemble du Moyen-Orient est menacé", a-t-il affirmé dans un long texte diffusé sur son site internet, appelant à "repenser notre stratégie vis-à-vis de la Syrie".

"Pendant trois ans nous avons regardé la Syrie s'enfoncer dans les ténèbres mais en plongeant, elle a lentement mais sûrement enroulé ses liens autour de nous et elle nous tire vers le bas avec elle", a-t-il ajouté.

Reconnaissant que les choix qui étaient actuellement à la disposition de la communauté internationale "étaient tous assez repoussants", il a appelé à agir en Syrie, non pas via une nouvelle invasion mais en "apportant le soutien dont ils ont besoin" aux "éléments modérés et raisonnables de l'opposition syrienne".

"Nous devons mettre de côté les différences du passé et agir maintenant pour préserver l'avenir. Là où les extrémistes se battent, ils doivent être contrés avec fermeté, avec force", a-t-il souhaité.

Il a également condamné l'action du gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki qui a selon lui "étouffé ce qui était une véritable opportunité de construire un Irak uni".

Dimanche, l'ancien émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi a également estimé dans un entretien à l'AFP que l'offensive jihadiste en Irak résultait de l'inertie de la communauté internationale en Syrie.

Premier ministre du Royaume-Uni de 1997 à 2007, Tony Blair fait l'objet de critiques pour sa gestion de la guerre en Irak en 2003 et notamment son suivisme vis-à-vis des Etats-Unis.

Il est actuellement l'envoyé spécial du Quartet (Nations unies, Union européenne, Etats-Unis et Russie) au Proche-Orient.

Quelque 45.000 soldats britanniques ont participé entre 2003 et 2009 à la guerre en Irak qui a causé la mort de 179 d'entre eux.

mc/pt