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15/06/2014 11:09 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Syrie: libération d'un cavalier emprisonné pour avoir battu le frère d'Assad

Un ancien cavalier syrien a été libéré au terme de 21 ans d'emprisonnement pour avoir battu lors d'une course équestre le frère, aujourd'hui décédé, du président Bachar al-Assad, a annoncé une ONG dimanche.

Cette libération intervient dans le cadre d'une large amnistie décrétée le 9 juin par M. Assad après sa réélection controversée, et qui a déjà permis la libération de quelque 1.500 prisonniers des geôles syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"En 1993, Adnan Qassar était un des meilleurs cavaliers de Syrie et du monde arabe. Il a gagné une course équestre contre Bassel al-Assad", frère de Bachar al-Assad, et alors pressenti pour devenir chef de l'Etat, selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

"(Adnan) Qassar a été jeté dans la prison de Saydnaya (près de Damas, ndlr), pour son +crime+", a-t-il expliqué à l'AFP.

Le site internet anti-régime Aks Alser a confirmé cette libération, mais a ajouté que M. Qassar avait été "accusé de possession d'explosifs et d'avoir essayé d'assassiner Bassel al-Assad".

Il avait été emprisonné "sans procès", ajoute le site.

A la mort de Bassel al-Assad dans un accident de voiture en 1994, "(Adnan) Qassar a été traîné dans un jardin public, battu, puis à nouveau jeté en prison. Il a fallu 21 ans pour le libérer", a ajouté M. Rahmane.

Le clan des Assad dirige la Syrie d'une main de fer depuis plus de 40 ans.

"(Adnan) Qassar n'est pas un militant politique. Mais en Syrie, personne n'a le droit d'être meilleur que les Assad, dans quelque domaine que ce soit", souligne M. Rahmane.

Si elle est appliquée dans son intégralité, l'amnistie qui a permis la libération du cavalier devrait concerner 100.000 détenus, dont la moitié se trouve aux mains des services de renseignements après avoir été arrêtés dans le cadre de la loi antiterroriste promulguée en juillet 2012.

Le régime qualifie systématiquement les militants anti-régime, armés ou non, de "terroristes" prétendument soutenus par des puissances étrangères.

"Parmi les personnes libérées jusqu'ici, il y a des prisonniers d'opinion, et d'autres qui étaient en prison pour des accusations de crimes", a précisé le directeur de l'OSDH.

Selon les groupes de défense des droits de l'Homme, tortures et mauvais traitements sont systématiques dans les prisons syriennes.

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