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15/06/2014 08:08 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Syrie: l'armée pilonne des bases des jihadistes de l'EIIL (ONG)

L'armée syrienne pilonne depuis 24 heures des bases de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) près de la frontière avec l'Irak, où ce groupe jihadiste mène une offensive fulgurante depuis une semaine, selon une ONG.

"L'armée de l'air du régime bombarde depuis samedi des locaux de l'EIIL, notamment dans la province de Raqa (nord) et celle de Hassaka (nord-est)", frontalière de l'Irak, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"C'est la première fois que c'est aussi intense", a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon l'ONG, le pilonnage de l'armée syrienne s'explique par le fait que l'EIIL est "parvenu à faire entrer en Syrie des armes lourdes et surtout des tanks et des Hummer" abandonnés par l'armée irakienne.

Dans la ville de Raqa, bastion de l'EIIL en Syrie, l'armée de l'air a bombardé le bâtiment du gouvernorat, devenu le siège principal de l'EIIL en Syrie, ainsi que le siège de leur "tribunal religieux", sans faire de victimes, selon l'OSDH.

Des images envoyées par des militants anti-régime à Raqa et que l'AFP ne peut pas authentifier, montrent des cratères devant les sièges de l'EIIL dans cette ville.

Et samedi, le régime a bombardé des sièges de l'EIIL à Chadadé dans la province de Hassaka, selon l'Observatoire.

D'après M. Abdel Rahmane, ces bombardements sont menés sans aucun doute "en coordination avec les autorités irakiennes", qui se préparent à mener une contre-offensive pour reprendre à l'EIIL des secteurs du nord du pays, notamment la deuxième ville Mossoul, pris en début de semaine.

L'EIIL, connu pour sa brutalité, cherche à créer un Etat islamique dans une zone frontalière entre l'Irak et la Syrie.

Au départ accueilli à bras ouverts par les rebelles luttant contre le régime syrien, ce groupe bien organisé et bien armé a été par la suite accusé de volonté hégémonique sur le terrain et d'atrocités à l'égard des civils et des insurgés.

Alors qu'il avait participé en 2013 à quelques opérations de la rébellion, le combat de l'EIIL se concentre depuis janvier contre les insurgés, qui l'accusent de servir ainsi les intérêts du régime de Bachar al-Assad.

La guerre entre les deux bords a fait plus de 6.000 morts depuis le début de l'année, selon l'OSDH.

ram/emb