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15/06/2014 12:57 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Suicides dans l'armée: la Défense a rejeté de l'aide pour réduire les retards

OTTAWA - La Défense nationale a reçu une suggestion, il y a deux ans, pour réduire les retards dans les enquêtes sur les suicides de militaires, mais le ministère a choisi d'ignorer ce conseil.

De nouveaux documents démontrent que des responsables se sont fait dire, au printemps 2012, que le système pouvait être amélioré en changeant l'agence responsable des enquêtes en question.

Cette modification impliquait de transférer la responsabilité de tenir des commissions d'enquête du directeur de la gestion du soutien en cas de décès au chef des services d'examen.

Certains hauts responsables ont toutefois estimé que cela n'était pas nécessaire, bien que le nombre de cas non résolus continue d'augmenter, et que certaines familles de militaires aient été laissées dans le noir à propos des circonstances qui auraient pu contribuer au décès de leur proche.

La Presse Canadienne a obtenu les documents en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

L'absence de sentiment d'urgence pour traiter tous les dossiers en retard ressemble aux problèmes ayant eu cours au sein de la fonction publique à propos du plan promis de longue date pour embaucher davantage de spécialistes de la santé mentale au sein de la Défense.

Ces deux sujets sont devenus des priorités urgentes dans la foulée de la crise de suicides qui a frappé l'armée à la fin de l'an dernier et au début de 2014.

Le ministre de la Défense Rob Nicholson a critiqué le commandant en chef de l'armée, en janvier dernier, à propos des retards dans ce dossier, et une note d'information écrite à la suite de cette rencontre démontre que le transfert des responsabilités pour les enquêtes est devenu un sujet de grand intérêt.

Il y avait, à l'époque, jusqu'à 75 dossiers ouverts, dont certains dataient d'aussi loin que 2008.

Le chef de la Défense Tom Lawson a été poussé à mettre sur pied une équipe de sept personnes pour traiter les retards, selon un courriel interne.

Selon un porte-parole de la Défense, seules huit commissions d'enquête en sont encore à l'étape d'un examen, et que l'ensemble des dossiers non encore traités seront clos d'ici le début de l'automne.

La responsabilité des enquêtes a été transférée officiellement au chef des services d'examen le 1er juin, mentionne ce porte-parole, Daniel Blouin.

Au dire de détracteurs, bien qu'il ne s'agisse pas d'enquêtes de la police militaire ou du système judiciaire, ces enquêtes sont des méthodes importantes pour que les familles puissent faire leur deuil, particulièrement dans le cas d'un suicide.