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15/06/2014 09:54 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Les mémoires de l'assistante personnelle de Mandela égratignent sa famille

Zelda la Grange, femme de confiance et assistante personnelle de Nelson Mandela, accuse le clan familial du leader sud-africain de sordides manigances durant ses derniers jours, dans ses mémoires qui racontent sa relation de 19 années avec l'icône anti-apartheid.

"Good Morning, Mister Mandela", à paraître jeudi, raconte sa relation exceptionnelle avec son patron qui en avait quasiment fait sa fille adoptive et la surnommait "Zeldina", de la présidence sud-africaine à sa retraite.

Plus poignante encore est la description des derniers jours de Nelson Mandela, alors qu'il se bat contre une longue maladie et que sa famille se dispute son contrôle.

Des bonnes feuilles du livre publiées dimanche par le Sunday Times montrent comment l'épouse de M. Mandela, Graça Machel, a été écartée par certains membres du clan familial qui la traitaient mal alors même que le vieil homme était sur son lit d'hôpital.

Dans ces mémoires susceptibles de froisser les membres de la grande tribu de Mandela, l'auteur fait le récit du traitement mesquin de Mme Machel de la part de membres la famille du héros sud-africain qui se querellaient entre eux des années avant sa mort en décembre dernier, à l'âge de 95 ans.

"Mme Frénésie": ainsi l'avait surnommée la fille aînée de Mandela, Makaziwe, lit-on, après que les médias ont fait état de l'agitation de Graça Machel lorsque l'ambulance transportant le héros national à l'hôpital est tombée en panne, par une froide nuit de juin 2013.

Selon Zelda la Grange, la famille se chamaillait au sujet des obsèques du grand homme des années avant sa mort, un comportement rejeté par Mme Machel.

"Je ne connais aucune personne vivante traitée avec une telle absence de respect que Mme Machel," écrit l'auteur. Celle-ci s'est même retrouvée obligée d'obtenir une accréditation pour assister le 15 décembre aux obsèques de celui qui fut son époux, ajoute-t-elle.

Makaziwe a pour sa part indiqué au Sunday Times que l'auteur devrait prouver ses dires sur la famille, sinon elle serait "poursuivie en justice".

Zelda la Grange, 45 ans, s'en est tenue à son récit.

"Mon livre n'est pas un récit définitif, comme pour dire +ceci est Madiba+ (nom de clan de Mandela). Je raconte juste mon expérience", a-t-elle dit à l'hebdomadaire.

Sur une note plus légère, l'auteur --une Africaner blanche, unanimement saluée pour sa loyauté envers son patron et qu'on voyait souvent lui tenir la main dans ses vieux jours-- raconte comment elle était restée sans voix à leur première rencontre.

"J'ai dit: 'bonjour M. Mandela', avant d'éclater en larmes. Je me suis sentie coupable lorsque cet homme à la voix douce, aux yeux bons et doté d'un esprit généreux m'a parlé dans ma langue après que mon peuple l'avait emprisonné pendant toutes ces longues années", explique-t-elle.

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