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15/06/2014 07:08 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

La presse saoudienne tire à boulets rouges contre le Premier ministre irakien

La presse saoudienne s'en est violemment prise dimanche au Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, estimant que sa "politique confessionnelle" était à l'origine de la débâcle de ses troupes devant l'offensive des jihadistes.

Dans son éditorial, le quotidien Al-Riyadh, proche des autorités, accuse la politique confessionnelle du premier ministre et "son monopole du pouvoir" d'avoir "mis l'Irak au bord d'une guerre civile implacable".

La division confessionnelle en Irak est extrêmement profonde, et la communauté sunnite, au pouvoir sous Saddam Hussein, s'estime marginalisée par les autorités dominées par les chiites depuis le renversement du régime baasiste en 2003.

Le pays fait face depuis plusieurs jours à une offensive des jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui ont pris Mossoul, la deuxième ville d'Irak, ainsi que de vastes zones du nord et du centre, rencontrant très peu de résistance des forces de sécurité.

Al-Riyadh appelle à "ne pas jouer avec le feu du confessionnalisme, qui brûlera tout le monde", estimant qu'"il n'y a d'autre alternative que la mise en place d'une direction politique bénéficiant d'un large consensus national".

Le quotidien Okaz s'en est pris encore plus violemment à M. Maliki, "l'ennemi numéro un de l'Irak" selon lui.

"L'EIIL est le produit d'une politique confessionnelle, partisane et d'exclusion poursuivie par Maliki (...), ce petit dictateur qui a voulu renaître des ruines de la dictature du Baas", le parti de Saddam Hussein, écrit Okaz.

Pour le journal, l'offensive des jihadistes "est un véritable soulèvement des provinces arabes sunnites" et ce soulèvement "est combattu sur deux fronts: par l'EIIL, ce groupe terroriste, et par le régime de Maliki".

Pour sa part, le quotidien Al-Jazira accuse M. Maliki de chercher "une guerre civile et confessionnelle qui conduira à un fleuve de sang et au démembrement de l'Irak".

Le chroniqueur Abderrahman al-Rached affirme dans le quotidien Asharq Al-Awsat que "Nouri al-Maliki est prêt à perpétrer des massacres pour se maintenir au pouvoir, tout comme le président syrien Bachar al-Assad". "Pour stabiliser l'Irak, il faut se débarrasser de Maliki et d'Al-Qaïda", conclut-il.

Les relations sont tendues entre l'Arabie saoudite et l'Irak, et cette tension a été exacerbée par le conflit en Syrie.

En mars, M. Maliki avait déclaré que l'Arabie saoudite et le Qatar attaquaient l'Irak "via la Syrie, et de manière directe, et ils ont déclaré la guerre à l'Irak", une déclaration qualifiée alors par Ryad d'"agressive et d'irresponsable".

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