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15/06/2014 06:28 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Iran: des députés demandent au président de faire respecter la loi sur voile

Une majorité de députés iraniens ont écrit au président Hassan Rohani pour lui demander de faire appliquer la loi qui oblige les femmes à porter le voile islamique, a rapporté dimanche l'agence Isna.

"L'un des principaux axes de l'invasion culturelle (occidentale, ndlr) est de tenter de changer la façon de vivre des Iraniens en ce qui concerne le voile", écrivent ces 195 députés (sur 290) qui dénoncent "le rôle des télévisions satellitaires occidentales".

"Nous vous demandons de donner les ordres nécessaires pour faire respecter la loi" obligeant les femmes à respecter le voile, ajoutent-ils.

Cette lettre a été publiée alors que la police a lancé une nouvelle campagne contre le non-respect du code vestimentaire strict imposé aux femmes dans le pays.

La loi islamique, en vigueur dans le pays depuis la révolution de 1979, oblige les femmes à porter des vêtements amples ainsi qu'un hijab, un voile couvrant les cheveux et le cou. Une unité de "moralité" créée il y a une dizaine d'année est chargée de faire respecter la loi, et n'hésite pas à imposer des amendes ou même à arrêter celles qui bravent la loi.

Mais de nombreuses jeunes femmes se sont mises ces dernières années à porter un voile léger, couvrant peu leur chevelure, des vêtements moulants ou encore des tuniques arrivant sur les cuisses à la place du long manteau ou du tchador traditionnel.

Plusieurs religieux conservateurs sont intervenus pour critiquer le non-respect du port du voile par certaines femmes dans les rues de la capitale, et deux manifestations ont été organisées ces dernières semaines pour critiquer le phénomène.

Le président Hassan Rohani, un modéré élu en juin 2013 après avoir fait campagne pour davantage de libertés culturelles et sociales dans la République islamique, avait demandé en octobre à la police de faire preuve de tolérance au sujet du voile.

Il a récemment affirmé qu'on ne pouvait pas "emmener les gens au paradis à coup de fouets", une déclaration qui a été très critiquée par les conservateurs, majoritaires au Parlement.

sgh/cbo