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15/06/2014 10:08 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Irak: Le gouverneur de Mossoul prône des frappes aériennes contre les jihadistes (presse)

Le gouverneur de Mossoul (Irak), réfugié au Kurdistan irakien, a évoqué l'idée de frappes aériennes des Etats-Unis et de la Turquie contre les jihadistes qui se sont emparés de sa ville, dans un entretien au journal turc Hürriyet publié dimanche.

"Des frappes aériennes peuvent être menées contre les bases de combattants de l'EIIL (l'Etat islamique en Irak et au Levant, ndlr), pas dans les villes mais dans les zones inhabitées", a dit le gouverneur, Atil al-Nujaifi, qui s'est réfugié à Erbil, au Kurdistan irakien (nord).

Le responsable répondait à une question sur ce qu'il attendait de la part de Washington et d'Ankara après l'offensive fulgurante des jihadistes qui ont pris la semaine dernière le contrôle de Mossoul et de plusieurs autres localités irakiennes, mettant en déroute les forces gouvernementales.

M. al-Nujaifi s'est cependant opposé à "la présence dans notre région de soldats étrangers", évoquant ainsi l'idée d'opérations uniquement aériennes et non au sol. Il a aussi dénoncé le pillage de la Banque centrale.

"Ils ont distribué 500 millions de dollars à la population pour nettoyer les rues et l'EIIL est ainsi devenu bien plus puissant", a-t-il affirmé.

Les jihadistes ont pris en otages mercredi dans la deuxième plus grande ville d'Irak le personnel diplomatique du consulat de Turquie et des chauffeurs de camions turcs, au total 80 citoyens turcs, que la Turquie s'efforce depuis de rapatrier sains et saufs.

Cinq jours après cette prise d'otages qui a provoqué le trouble en Turquie, notamment sur les présumés liens du gouvernement islamo-conservateur d'Ankara avec certains groupes jihadistes, le vice-ministre turc des Affaires étrangères Naci Koru a déploré un manque de progrès sur leur libération. "Il n'y a pas de nouveau développement sur ces 80 personnes", a-t-il dit dimanche lors d'un point de presse.

Il a répété que les Turcs étaient en bonne santé et que la Turquie n'était pas engagée dans un "marchandage" avec les jihadistes. "Pour nous, ils (les Turcs)ne sont pas des otages, ils sont retenus" par les rebelles de l'EIIL, a-t-il affirmé, excluant toute option militaire pour obtenir leur libération.

Interrogé par la presse lors d'un déplacement dimanche à Trabzon (nord-est), ville située sur la mer Noire, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s'est inquiété d'"une guerre sectaire en Irak".

"Le feu a embrasé presque toutes les provinces de l'Irak, ce n'est plus simplement au niveau de Mossoul", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse Dogan.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui a condamné la prise d'otages et exigé la libération immédiate des personnes retenues, est attendu dimanche soir en Turquie, pays qui fait partie de l'Alliance, pour des entretiens lundi avec les dirigeants turcs, notamment sur la crise des otages.

Jeudi, M. Rasmussen avait indiqué ne pas voir "de rôle pour l'Otan en Irak".

BA/plh