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15/06/2014 01:20 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Enlèvement d'Israéliens: le Hamas en accusation, des dizaines de ses membres arrêtés en Cisjordanie

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé dimanche le mouvement palestinien Hamas d'avoir enlevé trois jeunes Israéliens portés disparus depuis 72 heures, tandis que l'armée a arrêté des dizaines de Palestiniens et bouclé la ville de Hébron en Cisjordanie.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a également pointé les "nombreux indices" qui indiquent une implication du mouvement islamiste, considéré par Israël et les Etats-Unis comme "une organisation terroriste". L'un des jeunes serait de nationalité américaine, selon les médias israéliens.

"Des terroristes du Hamas ont commis l'enlèvement des trois adolescents israéliens. C'est un fait et ce n'est pas une surprise (...) car le Hamas est voué à la destruction d'Israël", a déclaré M. Netanyahu aux médias étrangers à Tel-Aviv.

Il a répété qu'il tenait le président palestinien Mahmoud Abbas pour "responsable de toute attaque émanant d'un territoire sous contrôle palestinien".

Le gouvernement palestinien a répondu, dans un communiqué, qu'il "n'était pas responsable des zones en dehors du contrôle sécuritaire palestinien et qui sont occupées par des dizaines de colonies".

Selon les médias israéliens, les trois jeunes ont disparu alors qu'ils faisaient de l'auto-stop près du Gush Etzion, un bloc de colonies situé entre les villes palestiniennes de Bethléem et Hébron (sud de la Cisjordanie). Cette région est sous contrôle civil et militaire israélien.

Ils ont été identifiés comme Eyal Yifrach, 19 ans, originaire d'Elad (Israël), Naftali Frenkel (16 ans) de Nof Ayalon (Israël), et Gilad Shaer (16 ans), de la colonie de Talmon, en Cisjordanie occupée.

Réunie à Ramallah, le siège de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, la direction de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a rejeté les "fausses accusations" de M. Netanyahu, estimant que la disparition des trois Israéliens n'était qu'"un prétexte pour étendre la colonisation".

Israël n'a cessé de dénoncer l'alliance entre le Hamas et l'OLP, dirigée par M. Abbas, depuis la signature de leur accord de réconciliation le 23 avril. Cet accord a donné naissance le 2 juin à un gouvernement d'union palestinien soutenu par le Hamas mais composé de personnalités indépendantes.

Un porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a qualifié les accusations du Premier ministre israélien de "stupides".

- Hébron bouclée -

L'armée israélienne a monté une vaste opération de recherches dans la région de Hébron, mobilisant plus de 2.500 soldats, la plus importante depuis des années en Cisjordanie.

"Au cours des dernières 24 heures, nous avons élargi nos opérations et arrêté des dizaines d'activistes du Hamas", a déclaré un porte-parole de l'armée. Parmi les personnes interpellées, figure le député Hassan Youssef, un dirigeant du mouvement islamiste en Cisjordanie et l'un de ses fondateurs.

"Nous continuerons à opérer en force dans les prochains jours dans le sud de la Cisjordanie et nous n'épargnerons aucun effort pour ramener les jeunes", a promis le porte-parole militaire.

"Ces arrestations visent à briser notre mouvement mais n'y parviendront pas", a déclaré à l'AFP un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

Les troupes continuaient à patrouiller dans les rues de Hébron mais la situation y était calme, a constaté un photographe de l'AFP. Des barrages ont été établis près des entrées de la cité et aucun véhicule n'est autorisé à entrer ou sortir de la plus grande ville palestinienne de Cisjordanie.

Israël a aussi fermé les deux principaux points de passage entre Israël et la bande de Gaza -- Kerem Shalom pour les marchandises et Erez pour les piétons --, sauf pour les cas humanitaires et l'approvisionnement en essence, pour éviter que les trois disparus puissent être transférés à Gaza.

Le ministre de l'Économie Naftali Bennet, chef du parti nationaliste religieux Foyer juif, a déploré la "mollesse" des réactions de la communauté internationale.

Le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné dimanche l'enlèvement des trois jeunes Israéliens, mais il a aussi regretté la mort d'un garçon de sept ans à Gaza, décédé samedi de ses blessures à la suite d'un raid israélien.

Une prière collective s'est déroulée dimanche soir au mur des Lamentations à Jérusalem, le lieu le plus sacré du judaïsme, à l'appel du Grand rabbinat d'Israël, pour la libération des trois Israéliens.

bur-agr/sw