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15/06/2014 09:29 EDT | Actualisé 15/08/2014 05:12 EDT

Enlèvement d'Israéliens: Netanyahu accuse le Hamas, la ville palestinienne de Hébron bouclée

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé dimanche le mouvement palestinien Hamas d'avoir enlevé trois jeunes Israéliens portés disparus depuis jeudi soir, tandis que l'armée a arrêté des dizaines de Palestiniens et bouclé la ville de Hébron en Cisjordanie.

"Des terroristes du Hamas ont commis l'enlèvement des trois adolescents israéliens. C'est un fait et ce n'est pas une surprise (...) car le Hamas est déterminé à détruire Israël", a affirmé M. Netanyahu dans une déclaration aux médias étrangers à Tel-Aviv.

"Israël fera tout le nécessaire pour ramener les trois jeunes kidnappés à la maison et protéger ses citoyens", a-t-il affirmé, en tenant à nouveau le président palestinien Mahmoud Abbas "responsable de toute attaque émanant d'un territoire sous contrôle palestinien".

M. Netanyahu n'a cessé de dénoncer l'alliance entre le "mouvement terroriste" Hamas et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée par le président Abbas, depuis la signature de leur accord de réconciliation le 23 avril. Cet accord a donné naissance le 2 juin à un gouvernement d'union palestinien soutenu par le Hamas mais composé de personnalités indépendantes.

Un porte-parole du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a qualifié les accusations du Premier ministre israélien de "stupides".

Selon les médias israéliens, les trois jeunes ont disparu alors qu'ils faisaient de l'auto-stop près du Gush Etzion, un bloc de colonies situé entre les villes palestiniennes de Bethléem et Hébron (sud de la Cisjordanie).

Ils ont été identifiés comme Eyal Yifrach, 19 ans, originaire d'Elad (Israël), Naftali Frenkel (16 ans) de Nof Ayalon (Israël), et Gilad Shaer (16 ans), de la colonie de Talmon, en Cisjordanie occupée.

L'armée a monté une vaste opération de recherches dans la région de Hébron, mobilisant plus de 2.500 soldats --dont des forces spéciales--, la plus importante depuis des années en Cisjordanie.

Les troupes patrouillaient dimanche dans les rues de Hébron mais la situation y était calme, a constaté un photographe de l'AFP. Des barrages ont été établis près des entrées de la cité et aucun véhicule n'est autorisé à entrer ou sortir de la plus grande ville palestinienne de Cisjordanie.

- Arrestations massives -

L'armée a procédé à un appel limité de réservistes dans le cadre de cette opération, a déclaré une porte-parole à l'AFP.

Israël a aussi fermé les deux principaux points de passage entre Israël et la bande de Gaza -- Kerem Shalom pour les marchandises et Erez pour les piétons --, sauf pour les cas humanitaires et l'approvisionnement en essence, pour éviter que les trois disparus puissent être transférés à Gaza.

"Près de 80 Palestiniens" ont également été arrêtés, selon l'armée israélienne, qui assure qu'elle "utilisera tous les moyens en sa possession pour résoudre cette affaire".

Parmi eux figurent en majorité des membres du Hamas, dont des députés du mouvement islamiste en Cisjordanie, selon des sources sécuritaires palestiniennes.

"Ces arrestations visent à briser notre mouvement mais n'y parviendront pas", a déclaré à l'AFP un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

Le ministre de la Défense Moshé Yaalon s'est néanmoins félicité de la "coordination" entre les services de sécurité israéliens et ceux de l'Autorité palestinienne.

Le ministre de l'Économie Naftali Bennet, chef du parti nationaliste religieux Foyer juif, a déploré la "mollesse" des réactions de la communauté internationale.

Dans un communiqué, le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné dimanche l'enlèvement des trois jeunes Israéliens, mais il a également regretté la mort d'un garçon de sept ans à Gaza, décédé samedi de ses blessures à la suite d'un raid israélien.

Les trois disparus sont étudiants dans deux yéchivot (écoles talmudiques), l'une de la colonie de Kfar Etzion et l'autre dans la partie occupée de Hébron. L'un d'eux serait aussi de nationalité américaine.

Le Conseil de Yesha, la principale organisation de colons en Cisjordanie, a demandé que soient bannis les journaliers palestiniens employés dans les colonies afin de "faire pression sur la population palestinienne".

Selon le Club des prisonniers palestiniens à Ramallah, les autorités israéliennes ont annulé les visites des familles de détenus palestiniens en Israël, dont certains sont en grève de la faim depuis la fin avril.

Le Grand rabbinat d'Israël a appelé à une prière collective dimanche soir au mur des Lamentations à Jérusalem, le lieu le plus sacré du judaïsme, pour la libération des trois Israéliens.

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